La guerre des mots s’intensifie dans le paysage politique sénégalais. Dans une publication sur Facebook, le ministre-conseiller à la Présidence de la République, Aldiouma Sow, a lancé une nouvelle offensive contre Ousmane Sonko et plusieurs de ses proches. Au cœur de sa sortie : l’affaire Kosmos, la gestion de certains fonds liés à la paix en Casamance et ce qu’il présente comme d’autres dossiers financiers susceptibles d’émerger prochainement.
Le responsable politique établit un lien entre ces différents dossiers et estime que l’ancien Premier ministre et son entourage doivent désormais s’expliquer sur leur passage aux responsabilités. Il affirme notamment que « d’autres scandales » pourraient être révélés dans les prochains jours ou semaines.
Cette sortie intervient alors que le dossier Yaakaar-Teranga fait l’objet d’un nouveau débat depuis la Déclaration de politique générale d’Ahmadou Al Aminou Lô. Le Premier ministre a évoqué devant l’Assemblée nationale une créance de 55 millions de dollars liée au dossier gazier, alors qu’Ousmane Sonko avait annoncé quelques mois auparavant le retrait de Kosmos Energy et de PETROSEN de la licence en affirmant que l’opération avait été réalisée sans contrepartie financière pour le Sénégal. Le dossier apparaît donc, à ce stade, comme un contentieux politique et financier faisant l’objet de lectures divergentes.
Aldiouma Sow ne s’est pas limité au dossier Kosmos. Il revient également sur les fonds destinés à la paix en Casamance, notamment autour du compte Jaam/Diam, dont il réclame un examen par les organes de contrôle de l’État.
Quelques jours auparavant, le ministre-conseiller avait déjà demandé que les structures compétentes puissent vérifier l’utilisation des ressources affectées à ce dispositif. Il estimait alors que l’heure n’était plus au débat politique avec Ousmane Sonko, mais à la reddition des comptes sur sa gestion de la Primature.
Sur ce terrain, la polémique a également suscité une réaction d’Amadou Ba, qui a rappelé l’existence d’un décret de 2004 relatif au processus de paix en Casamance et contesté les accusations portées autour de la gestion de ces fonds. Le débat reste ainsi marqué par des interprétations politiques opposées, sans qu’une irrégularité judiciaire soit, à ce stade, établie dans les éléments disponibles.
Le ton employé par Aldiouma Sow est particulièrement offensif. S’adressant à Ousmane Sonko et à ses proches, il estime qu’ils doivent rendre compte aux Sénégalais de leurs deux années passées au sommet de l’Exécutif.
« À leur place, je me ferais tout petit et je raserais les murs jusqu’en 2050 », lance-t-il, avant d’ajouter que « la République leur fera face ».
Cette nouvelle charge s’inscrit dans une série de prises de position de plus en plus virulentes du ministre-conseiller contre l’ancien Premier ministre. Lors d’une intervention à Somone, Aldiouma Sow avait déjà accusé Ousmane Sonko d’être disqualifié pour donner des leçons sur la conduite des affaires publiques et appelé à l’audit de sa gestion de la Primature.
Le contexte politique donne une portée particulière à ces déclarations. Ousmane Sonko, désormais président de l’Assemblée nationale, continue de peser fortement dans le débat public, tandis que le gouvernement d’Ahmadou Al Aminou Lô revendique la continuité du référentiel Sénégal 2050, tout en annonçant une nouvelle méthode de gestion axée notamment sur l’exécution, la mesure des résultats et la reddition des comptes.
La passe d’armes entre les deux camps dépasse donc désormais la seule affaire Kosmos. Elle révèle une confrontation politique autour de la gestion des deux premières années du pouvoir issu de la présidentielle de 2024. Entre accusations, demandes d’audits et promesses de révélations, les prochains développements pourraient encore durcir le climat au sommet de l’État.
Sunuker News Desk
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