L’affaire des présumés faux billets impliquant le lutteur Oumar Kane, alias Reug Reug, prend une nouvelle tournure judiciaire. Selon les informations diffusées sur le net, le champion de lutte et deux autres personnes présentées comme ses complices présumés, son oncle A. B. Ndiaye et D. Faye, doivent être déférés ce lundi au parquet du Pool judiciaire financier (PJF). Le trio est notamment visé, selon la même source, par des faits présumés d’association de malfaiteurs, de contrefaçon de signes monétaires ayant cours légal et de blanchiment de capitaux.
L’enquête menée par la Brigade de recherches de Faidherbe aurait permis aux enquêteurs de recueillir plusieurs éléments autour d’un stock de « billets noirs » en coupures de 100 dollars, dont la valeur annoncée avoisinerait le milliard de francs CFA. À ce stade, il s’agit toutefois d’allégations rapportées dans la presse et d’éléments d’une procédure judiciaire en cours : la responsabilité pénale des personnes mises en cause reste à établir par la justice.
D’après le récit publié par L’Observateur, A. B. Ndiaye aurait tenté de prendre la responsabilité de la possession des billets saisis afin de mettre son neveu hors de cause. Face aux enquêteurs, il aurait affirmé être le seul propriétaire des coupures découvertes.
D. Faye aurait, pour sa part, livré une autre version. Toujours selon le quotidien, il aurait reconnu avoir reçu les faux billets d’un promoteur présenté comme influent et actuellement recherché par les enquêteurs. Cette déclaration pourrait constituer un nouvel axe dans les investigations destinées à déterminer l’origine des coupures et les éventuels bénéficiaires de l’opération présumée.
Reug Reug, lui, aurait contesté toute implication dans la fabrication, la transformation ou l’utilisation des billets. Son audition, telle que rapportée par L’Observateur, s’articulerait principalement autour de sa présence dans l’appartement des Maristes où le carton contenant les coupures aurait été déposé.
Le lutteur aurait reconnu avoir transporté un carton à bord d’une Mazda jusqu’au logement, puis l’avoir remis à son oncle. Il aurait toutefois soutenu qu’il ignorait ce que contenait le colis, affirmant l’avoir reçu fermé et scellé. Il aurait également expliqué être resté sur place à la demande de son oncle, sans savoir que les opérations évoquées autour du carton étaient susceptibles de relever d’une activité illégale.
Mais, selon le récit de L’Observateur, les enquêteurs auraient confronté cette version aux éléments recueillis au cours de leurs investigations, notamment les opérations de surveillance, les écoutes et différents recoupements. Le quotidien rapporte que les enquêteurs auraient notamment cherché à comprendre pourquoi Reug Reug était resté dans l’appartement alors que les discussions auraient porté sur le traitement ou le « lavage » des billets, ainsi que sur la répartition des bénéfices envisagés entre les différents protagonistes.
Toujours selon le journal, les discussions auraient fait apparaître une répartition supposée de 70 % pour les personnes présentées comme des techniciens chargés de traiter les billets et 30 % pour les détenteurs des coupures. Ces éléments, s’ils sont confirmés par l’enquête judiciaire, pourraient contribuer à déterminer le degré d’implication de chacun des protagonistes.
Face à ces questions, Reug Reug aurait maintenu une position prudente, reconnaissant certains faits matériels tout en contestant avoir eu connaissance de la nature frauduleuse du contenu du carton. Cette version devra désormais être confrontée aux autres éléments du dossier dans le cadre de la procédure judiciaire.
Le déferrement annoncé devant le Pool judiciaire financier constitue ainsi une étape importante. Le parquet devra apprécier les éléments transmis par les enquêteurs et décider des suites judiciaires à donner au dossier. Une éventuelle mise en examen, comme toute décision ultérieure concernant les responsabilités individuelles, relèvera des autorités judiciaires compétentes.
L’affaire intervient alors que Reug Reug demeure l’une des figures les plus connues de la lutte sénégalaise et du MMA. Son implication présumée dans une procédure financière de cette nature attire donc une attention particulière. Mais sur le plan judiciaire, aucune condamnation ne peut être tirée des seuls éléments rapportés au stade de l’enquête : les faits devront être établis et les responsabilités déterminées dans le respect de la présomption d’innocence.
Sunuker News Desk
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