Le tribunal des flagrants délits de Dakar a finalement tranché. Ndeye Ndao Thiam, connue sous le nom de Noyage Thiam « Bété Bété », ainsi que les quatre autres personnes poursuivies dans une affaire mêlant disparition d’une montre et soupçons de consommation ou de détention de stupéfiants ont été relaxées ce mercredi 9 septembre.
Le dossier avait suscité un intérêt particulier en raison de la présence de l’actrice Ndeye Ndao Thiam, mais également de la nature des faits examinés par la justice. À ses côtés comparaissaient l’étudiante Aïssatou Goudiaby, la commerçante Fatou Diallo dite « Fafa », ainsi que les hommes d’affaires Sidy Mouhamed et Abou Daffé.
À l’origine de l’affaire, la disparition d’une montre lors d’une soirée privée organisée à l’hôtel Pullman. Au fil des investigations, les enquêteurs s’étaient également intéressés à des éléments susceptibles de concerner la consommation et la détention de produits stupéfiants.
À la barre, Sidy Mouhamed, qui s’était initialement constitué partie civile avant de se désister, est revenu sur les circonstances de la disparition de sa montre.
Il a expliqué avoir constaté plusieurs jours après les faits que l’objet ne se trouvait plus dans son sac, alors qu’il l’y avait précédemment vu. Mais un élément important est ressorti de ses déclarations : il n’a pas affirmé avoir vu Fatou Diallo s’emparer de la montre.
Cette absence de constat direct a été largement exploitée par les avocats de la défense. Fatou Diallo, de son côté, a toujours contesté toute implication dans la disparition de l’objet.
Le volet relatif aux stupéfiants a, lui, reposé sur plusieurs éléments issus de l’enquête, notamment l’exploitation de téléphones portables et l’examen des images de vidéosurveillance de l’établissement.
Les enquêteurs s’étaient notamment intéressés à certaines images et conversations susceptibles, selon l’accusation, de renseigner sur une consommation de stupéfiants.
Les prévenus ont toutefois contesté les faits qui leur étaient reprochés. Abou Daffé a notamment rejeté toute accusation relative à la fourniture ou à la cession de drogue.
Sidy Mouhamed a également contesté les soupçons de consommation, malgré la découverte dans son téléphone d’images montrant une poudre blanche que les enquêteurs avaient assimilée à de la cocaïne.
Noyage Thiam a, pour sa part, nié toute consommation de stupéfiants. Elle a également contesté certaines déclarations qui lui auraient été attribuées au cours de sa garde à vue, ainsi que l’interprétation donnée à d’anciens échanges numériques.
Un autre point a occupé une place importante dans les débats : la découverte de protoxyde d’azote lors d’une perquisition au domicile de Fatou Diallo.
Les avocats des prévenus ont contesté la qualification juridique retenue concernant certains produits. Ils ont notamment soutenu que le protoxyde d’azote ne figurait pas dans le tableau des substances classées comme stupéfiants au moment des faits.
Pour étayer leur argumentation, les conseils ont invoqué une décision rendue en 2025 par le tribunal des flagrants délits de Dakar, qu’ils considèrent comme pertinente dans le présent dossier.
La défense a également insisté sur ce qu’elle considère comme une faiblesse majeure du dossier : l’absence d’analyse scientifique permettant, selon elle, d’établir avec suffisamment de certitude la nature de certains produits saisis.
Ces arguments ont contribué à nourrir les débats autour de la matérialité des infractions et de la valeur probante des différents éléments recueillis pendant l’enquête.
Dans ses réquisitions, le ministère public avait lui-même demandé la relaxe de Fatou Diallo pour les faits liés à la disparition de la montre. Le parquet avait également sollicité la relaxe d’Abou Daffé concernant les accusations d’offre ou de cession de stupéfiants.
Pour certains autres faits liés à l’usage et à la détention de stupéfiants, le procureur avait cependant requis une peine d’un mois d’emprisonnement ferme, estimant que certains éléments de l’enquête, notamment les images de vidéosurveillance, permettaient de retenir les charges.
Le tribunal n’a finalement pas suivi ces réquisitions dans leur ensemble.
Après examen du dossier et des arguments développés à l’audience, la juridiction a prononcé la relaxe générale des cinq prévenus.
Le tribunal a également pris acte du désistement de Sidy Mouhamed de sa constitution de partie civile.
Avec cette décision, l’affaire connaît donc son épilogue judiciaire devant le tribunal des flagrants délits de Dakar. Pour Noyage Thiam « Bété Bété » et les quatre autres prévenus, les poursuites engagées dans ce dossier se soldent ainsi par une relaxe.
Sunuker News Desk
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