Incarcéré depuis plus d’un an, l’ancien patron de l’Agence nationale de la maison de l’outil (ANAMO), Maodo Malick Mbaye, respire à nouveau l’air libre. Ce mardi 11 août 2026, la justice lui a accordé une liberté provisoire totale, écartant même l’usage du bracelet électronique. Un dénouement qui s’explique par une défense offensive, des preuves troublantes pour l’accusation et un état de santé jugé incompatible avec la détention.
Placé sous mandat de dépôt le 22 juillet 2025 par le Pool judiciaire financier (PJF), Maodo Malick Mbaye faisait face à de lourdes charges : escroquerie et détournement de deniers publics portant sur la somme faramineuse de plus de 600 millions de francs CFA. Pourtant, après son audition sur le fond en juillet dernier, la donne a complètement changé.
Si le parquet financier ne s’était pas opposé à une mise en liberté, il exigeait en contrepartie une stricte surveillance par bracelet électronique. Une condition catégoriquement balayée par le pool d’avocats de la défense. Ces derniers ont préféré mener une bataille frontale pour obtenir une libération sans entraves, convaincus de la vacuité du dossier.
Le point de bascule de cette affaire judiciaire s’est joué lors d’une confrontation cruciale réunissant M. Mbaye, son ancien directeur administratif (Oumar Ndiaye) et l’agent comptable de l’institution. Droit dans ses bottes, l’ancien Directeur général a martelé son innocence face au juge : « Jamais je n’ai détourné un seul franc. Tout ceci n’est que discrédit ».
Mais les mots n’auraient pas suffi sans un document décisif : le quitus de la Cour des comptes. Ce document officiel, délivré au titre de l’exercice 2023 (la période même incriminée par les enquêteurs), certifie de manière définitive la régularité des comptes de gestion. Une pièce maîtresse qui, selon la défense, vient réduire à néant les accusations d’irrégularités financières.
Au-delà de la fragilité présumée de l’accusation, l’état de santé de Maodo Malick Mbaye a lourdement pesé dans la balance du juge d’instruction. L’ancien responsable souffre en effet d’une apnée du sommeil sévère.
Dès août 2025, soit à peine quelques jours après son incarcération, les autorités médicales pénitentiaires avaient tiré la sonnette d’alarme. Le médecin militaire en charge avait conclu qu’aucune prison sur le territoire national ne disposait des infrastructures nécessaires pour lui assurer une prise en charge médicale adéquate, exposant le détenu à de graves risques.
Aujourd’hui rentré chez lui sans la moindre restriction électronique, Maodo Malick Mbaye ne compte pas s’arrêter à cette victoire d’étape. L’ancien patron de l’ANAMO se prépare désormais pour l’ultime combat de cette saga judiciaire : prouver son innocence de bout en bout et arracher un non-lieu total pour les faits de blanchiment de capitaux et de faux en écritures qui pèsent encore sur lui.
La Rédaction / sunuker.com
Maouloud Nabi 2026: Le Sénégal chante l’amour du Prophète Mohamed PSL, la lumière qui habite…
Espagne : un Sénégalais de Mbour tué par balle en tentant de s’interposer dans une…
Le Marteau et la Mémoire — Ce que Sonko ne veut plus entendre (Par Ndiamé…
La véritable histoire du féminisme Olympe de Gouges a écrit la Déclaration des droits de…
Intelligence économique et compétitivité industrielle Dans un environnement mondial marqué par la fragmentation des chaînes…
Qui parle quand Ousmane contredit Sonko ? Ousmane Sonko me fait parfois penser à ces…