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Accord avec le FMI : Sonko révèle avoir lu le mémorandum « de bout en bout » et intrigue le gouvernement

Accord avec le FMI : Sonko révèle avoir lu le mémorandum « de bout en bout » et intrigue le gouvernement

Une déclaration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale a retenu l’attention au lendemain de l’accord technique conclu entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). Alors que le contenu détaillé du futur programme n’est pas encore officiellement accessible au grand public, le président de l’Assemblée nationale a affirmé avoir pris connaissance du mémorandum de politique économique et financière dans son intégralité.

Intervenant lors de la déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, Ousmane Sonko s’est directement adressé à son successeur à la Primature. « Monsieur le Premier ministre, je vous ferai une révélation. J’ai pu lire votre mémorandum de bout en bout. Et oui, nous avons des connexions dans le monde entier », a-t-il déclaré. Cette séquence a rapidement suscité de nombreuses réactions.

Le contexte est particulièrement sensible. Le 1er septembre, le Sénégal et les services du FMI sont parvenus à un accord au niveau des services pour un nouveau programme de 36 mois dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC), pour un montant d’environ 2,2 milliards de dollars, soit près de 1 243 milliards de francs CFA. Cet accord doit toutefois encore recevoir l’aval de la direction du FMI et de son Conseil d’administration.

Un document encore non public

Le mémorandum évoqué par Sonko constitue l’un des documents centraux des négociations entre Dakar et le FMI. Il précise notamment les grandes orientations économiques et les réformes que les autorités sénégalaises entendent mettre en œuvre dans le cadre du nouveau programme.

Au cours de son intervention, l’ancien Premier ministre ne s’est pas contenté d’affirmer qu’il avait eu accès au document. Il en a cité plusieurs éléments, notamment le volet consacré au renforcement de la gestion des finances publiques et à la transparence, ainsi que le cinquième pilier portant sur l’amélioration du système statistique national et du suivi-évaluation.

Cette précision donne une portée particulière à sa déclaration. Elle laisse comprendre que Sonko dispose d’informations détaillées sur un dossier actuellement conduit par l’exécutif, alors qu’il n’occupe plus la fonction de Premier ministre.

Le gouvernement, de son côté, présente l’accord avec le FMI comme une étape majeure dans la restauration de la stabilité macroéconomique et de la soutenabilité de la dette. Dans sa déclaration de politique générale, le Premier ministre Al Aminou Lô a rappelé que les discussions avaient abouti à un accord technique le 1er septembre et que le programme devait notamment accompagner les réformes liées aux finances publiques et à la transparence.

Sonko et le dossier de la dette : une autre révélation

L’intervention du président de l’Assemblée nationale ne s’est pas limitée au mémorandum du FMI. Ousmane Sonko est également revenu sur la manière dont la dette publique était gérée lorsqu’il était à la tête du gouvernement.

Selon lui, le dossier était alors traité par un cercle extrêmement restreint. « La gestion de la dette s’est faite, quand j’étais à la tête du gouvernement, autour de cinq personnes », a-t-il affirmé, ajoutant que cette question n’avait, selon ses déclarations, « jamais » été examinée en Conseil des ministres.

Ces propos replacent au centre du débat la question de la circulation de l’information au sommet de l’État. Comment un ancien chef du gouvernement, désormais président de l’Assemblée nationale, a-t-il pu accéder à un document lié aux négociations en cours avec le FMI ? Ousmane Sonko lui-même a fourni une réponse, en évoquant simplement ses « connexions dans le monde entier ».

Pour autant, rien ne permet d’affirmer, sur la base des éléments disponibles, qu’il y aurait eu une opération d’« espionnage » au sens juridique ou sécuritaire du terme. La formule relève davantage de l’interprétation politique de sa déclaration et de la manière dont celle-ci a été mise en scène publiquement.

Une certitude demeure : alors que le Sénégal s’engage dans un nouveau programme triennal avec le FMI et doit relever le défi de la dette et des finances publiques, la sortie de Sonko révèle que les rapports entre les différents centres de pouvoir continuent de peser fortement sur le débat économique national.

Sunuker News Desk

James Dillinger

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