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29 octobre 1909 : les derniers instants de Seydina Limamou Laye, le Mahdi de Yoff

29 octobre 1909 : les derniers instants de Seydina Limamou Laye, le Mahdi de Yoff

117 ans après sa disparition, Seydina Limamou Laye demeure une figure centrale de la spiritualité layène. Le 29 octobre 1909, à l’âge de 66 ans, le guide religieux rendait son dernier souffle après 26 années de mission. Dans son ouvrage Busrâ al-Muhhibîn wa Tayqîz al-Jâhilîn, Cheikh Makhtar Lô rapporte les paroles et les gestes qui auraient marqué ses dernières heures, un récit transmis au sein de la communauté layène.

Le 29 octobre occupe une place particulière dans la mémoire des fidèles layènes. Cette date correspond au rappel à Dieu de Seydina Limamou Laye, survenu dans la nuit du jeudi 28 au vendredi 29 octobre 1909, correspondant au 14 Chawwal 1327 de l’hégire selon les sources consacrées à sa vie. Plus d’un siècle après cet événement, son enseignement, sa prédication et l’héritage spirituel qu’il a laissé continuent d’occuper une place importante dans la vie de ses disciples.

Une dernière profession de foi avant l’aube

Dans son ouvrage Busrâ al-Muhhibîn wa Tayqîz al-Jâhilîn, dont le titre est traduit par « Joie des amis et réveil des égarés », Cheikh Makhtar Lô livre un récit des derniers instants du guide religieux. Selon ce témoignage, peu avant l’aube du vendredi 14 Chawwal 1327 de l’hégire, Seydina Limamou Laye aurait prononcé la profession de foi musulmane :

« J’atteste qu’il n’y a de Dieu qu’Allah, qu’Il n’a point d’associé, et j’atteste que Mohammed est Son serviteur et Son Envoyé. »

Le récit rapporte qu’au cours de la nuit, Seydina Limamou Laye avait demandé à ses épouses d’aller se reposer. Quelques-unes seraient toutefois demeurées auprès de lui. À plusieurs reprises, il se serait enquis de l’heure, observant la progression de la lune dans le ciel.

Cheikh Makhtar Lô rapporte également que le guide aurait retiré successivement les vêtements qu’il portait pour demander qu’ils soient remis en aumône à différentes personnes. Après chaque don, il en revêtait d’autres. Selon le récit, ces gestes se seraient poursuivis jusqu’à ce que la lune se trouve entre le zénith et l’horizon. C’est dans ces circonstances que Seydina Limamou Laye aurait rendu son dernier souffle.

Ces éléments appartiennent au récit religieux transmis par Cheikh Makhtar Lô et occupent une place particulière dans la mémoire spirituelle de la communauté layène.

Treize jours de maladie avant le rappel à Dieu

D’après le récit de Cheikh Makhtar Lô, les derniers jours de Seydina Limamou Laye furent précédés d’une maladie qui aurait duré treize jours. Les signes annonciateurs de sa disparition remonteraient au mois de Ramadan de l’année 1909.

Au milieu du mois de jeûne, le guide aurait demandé que des lettres soient envoyées dans différentes localités afin d’inviter ses fidèles à venir célébrer la Korité à ses côtés. Le jour de la fête, son état de santé aurait été suffisamment préoccupant pour qu’il envisage de ne pas pouvoir rejoindre le lieu de prière. Selon les récits transmis, ses paroles à cette occasion laissaient entrevoir la possibilité de sa disparition prochaine.

Les jours suivants auraient également été marqués par des rassemblements de fidèles et des gestes de générosité. Ces épisodes, rapportés dans les récits consacrés à sa vie, contribuent à la mémoire collective des derniers jours du fondateur de la communauté layène.

Un appel religieux lancé en 1884

Seydina Limamou Laye avait lancé son appel religieux à l’âge de 40 ans, le 1er Chaa’ban 1301 de l’hégire, date correspondant au 25 mai 1884 selon la chronologie retenue dans les récits layènes. La tradition le reconnaît comme le Mahdi Mountazar, expression généralement traduite par « le Bien-Guidé attendu ».

Sa prédication repose notamment sur la formule wolof « Mana Demb, mana Tay », que l’on peut traduire par « Ce fut moi hier, ce fut moi aujourd’hui ». Dans la tradition layène, cette déclaration revêt une signification spirituelle particulière, liée à la relation que Seydina Limamou Laye établissait entre sa mission et celle du prophète Mohammed (PSL).

Cheikh Makhtar Lô rapporte également une parole attribuée au guide religieux : « Si vous voyez en moi un comportement ou des actes qui s’écartent de ceux de Mohammed, sachez que je ne suis pas le vrai Mahdi. »

Cette déclaration souligne, dans l’enseignement transmis par la communauté, l’importance accordée à l’exemple du prophète Mohammed et à la conformité de la conduite du guide avec cet idéal religieux.

Au cours de ses 26 années de mission, Seydina Limamou Laye a ainsi posé les fondements d’une communauté dont l’identité spirituelle s’est perpétuée à travers ses enseignements, ses disciples et ses successeurs.

Seydina Issa Rohou Lahi et la succession

Au moment du décès de son père, Seydina Issa Rohou Lahi, présenté par la tradition layène comme son fils aîné et son successeur, se trouvait à Ngakham, où il était en exil depuis 1906.

Selon le récit transmis, son retour à Dakar eut lieu dans les jours qui suivirent le décès de Seydina Limamou Laye. Certaines chronologies évoquent son arrivée à la gare de Yarakh le dimanche 31 octobre 1909. Le déroulement exact des événements entourant son retour et la prière mortuaire varie toutefois selon les sources disponibles : certains récits situent cette prière au lundi 1er novembre, tandis que d’autres donnent une date différente.

La succession de Seydina Limamou Laye constitue un épisode majeur de l’histoire de la communauté layène. Seydina Issa Rohou Lahi prit la relève de son père et poursuivit la mission spirituelle auprès des fidèles, assurant la continuité de l’organisation religieuse après la disparition de son fondateur.

117 ans après le rappel à Dieu de Seydina Limamou Laye, le 29 octobre reste bien plus qu’une date historique pour les fidèles layènes. C’est un moment de mémoire, de recueillement et de transmission, qui invite à revisiter le parcours du guide de Yoff, son appel religieux et les récits qui entourent ses derniers instants.

Son héritage continue ainsi de vivre à travers les enseignements transmis de génération en génération et l’attachement de ses disciples à la voie spirituelle qu’il a fondée.

Sunuker News Desk