Vingt-quatre ans après la plus grande tragédie maritime civile de l’histoire moderne, la douleur reste vive au Sénégal. À l’occasion de la commémoration officielle de ce drame national à Ziguinchor, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo a prononcé un discours fort axé sur le devoir de mémoire, marquant une avancée majeure pour les familles des victimes.
Un statut juridique imminent pour le sanctuaire
Le chef du Gouvernement a profité de cette solennité pour annoncer la création prochaine, par voie de décret, du statut officiel du Mémorial « Le Joola ». Dans un souci d’inclusivité, il a tenu à préciser que les principaux concernés, à savoir les rescapés et les associations de familles de victimes, seront directement consultés pour finaliser ce texte réglementaire.
« Le projet de décret y relatif a été finalisé par le service et me sera transmis. Nous ferons de sorte que les familles de victimes et les rescapés puissent avoir leur mot à dire », a déclaré M. Lo, martelant qu’aucun proche ne devrait se voir refuser l’accès à ce lieu de recueillement : « Nul ne devrait avoir à se recueillir devant une porte close. » Ce statut juridique sera ainsi entériné avant la fin de l’année.
Une mémoire collective et constructive pour l’avenir
Au-delà du recueillement, le Premier ministre a insisté sur la dimension collective de la responsabilité face à de telles catastrophes. Rappelant que « la vie humaine n’a pas de prix », il a souligné que lorsque les alertes restent sans écho et que les règles sont ignorées, c’est toute la nation qui se fragilise.
Afin de pérenniser cet héritage mémoriel pour les générations futures, plusieurs départements ministériels (notamment la Culture, les Forces armées, la Pêche et la Communication) ont été conviés à poursuivre un travail de fond, en étroite collaboration avec les chercheurs.
Pour rappel, la catastrophe du « Joola », survenue dans la nuit du 26 au 27 septembre 2002 au large des côtes gambiennes, a officiellement emporté 1 863 vies, ne laissant que 63 survivants. Un bilan lourd qui continue de hanter la conscience nationale sénégalaise.
La Rédaction













































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