24 ans après le Joola : le Premier ministre attendu à Ziguinchor pour une commémoration sous le signe de la mémoire
Vingt-quatre ans après le naufrage du Joola, le Sénégal s’apprête à commémorer une nouvelle fois l’une des plus grandes tragédies de son histoire contemporaine. Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô présidera, samedi 26 septembre à Ziguinchor, la cérémonie officielle marquant le 24e anniversaire du drame. En Casamance, la mémoire des victimes reste vive et les familles continuent de réclamer vérité, justice et dignité.
Le temps passe, mais le souvenir du Joola demeure profondément ancré dans la mémoire collective sénégalaise. À la veille du 24e anniversaire du naufrage, les autorités multiplient les initiatives pour donner à cette commémoration une dimension à la fois nationale, religieuse et mémorielle.
En tournée en Casamance, le ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, a transmis à Sédhiou un message du président de la République Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô. Il a notamment invité les autorités religieuses et coutumières à organiser des prières en mémoire des victimes et des personnes disparues dans la catastrophe.
Le ministre a également confirmé la présence du chef du gouvernement à Ziguinchor, où Ahmadou Al Aminou Lô présidera personnellement la cérémonie officielle du samedi 26 septembre. Cette présence traduit, selon les autorités, l’importance accordée au devoir de mémoire et à la reconnaissance nationale envers les victimes, leurs familles et les rescapés.
Une tragédie qui demeure dans la mémoire nationale
Le naufrage du Joola, survenu dans la nuit du 26 septembre 2002 au large de la Gambie alors que le ferry assurait la liaison entre Ziguinchor et Dakar, reste l’un des drames les plus meurtriers de l’histoire maritime du Sénégal.
Vingt-quatre ans plus tard, la commémoration ne se limite plus à un simple rendez-vous annuel. Elle constitue également un moment de réflexion sur les responsabilités, la sécurité maritime, la prise en charge des familles et la transmission de la mémoire aux générations futures.
Dans son communiqué du 10 septembre consacré à la préparation de l’anniversaire, le Conseil des ministres a rappelé que la Nation devait commémorer le drame « dans l’unité, le recueillement et la solidarité ». Le président Bassirou Diomaye Faye avait demandé au gouvernement de travailler avec les familles des victimes et les rescapés afin de garantir le bon déroulement des cérémonies religieuses et officielles.
Le chef de l’État a également insisté sur l’accès des familles aux monuments et lieux de mémoire, notamment au Musée national dédié aux victimes du Joola, érigé à Ziguinchor. Cette orientation donne au patrimoine mémoriel une place centrale dans la commémoration de cette année.
Les familles veulent que le souvenir ne s’arrête pas aux cérémonies
À Ziguinchor, les familles de victimes et les rescapés continuent de porter plusieurs revendications. Lors des préparatifs du 24e anniversaire, elles ont notamment insisté sur la nécessité de faire du mémorial un véritable espace de mémoire, de vérité et de recueillement.
Parmi leurs préoccupations figurent l’accès libre au mémorial, la justice et la vérité, la question des restes des victimes ainsi que le soutien aux familles toujours marquées par le drame.
Ces revendications donnent une dimension particulière à la cérémonie du 26 septembre. Derrière les hommages officiels et les prières se trouve une attente plus profonde : celle de maintenir vivante la mémoire des disparus et de transmettre aux nouvelles générations les leçons de la catastrophe.
Plusieurs activités sont également prévues autour de cette commémoration, notamment des prières œcuméniques, des actions de solidarité, des opérations de nettoyage de cimetières, une randonnée, un symposium et une journée de don de sang.
Mémoire du Joola et paix en Casamance
La tournée de Yankhoba Diémé intervient également dans un contexte particulier pour la Casamance, région longtemps affectée par un conflit armé.
À Bounkiling comme à Goudomp, le ministre des Forces armées a rencontré des chefs de village, des autorités coutumières et des guides religieux. Il leur a transmis le message du président de la République appelant notamment à prier pour la paix et la stabilité du pays à l’occasion de l’anniversaire du naufrage.
À Goudomp, Yankhoba Diémé a établi un lien direct entre mémoire, paix et développement. Dans son discours, il a notamment présenté les infrastructures, le désenclavement, l’accès à l’eau, les équipements sanitaires, les routes et l’emploi des jeunes comme autant de dimensions concrètes de la paix en Casamance.
Cette approche rejoint les orientations récentes du gouvernement concernant la région. Le président de la République a demandé, lors du Conseil des ministres du 10 septembre, une accélération du Plan Diomaye pour la Casamance et annoncé une réunion interministérielle d’évaluation et de relance de ce programme sous la présidence du Premier ministre.
La commémoration du Joola intervient ainsi à la croisée de plusieurs enjeux : honorer les disparus, accompagner les familles, préserver la mémoire et inscrire la Casamance dans une dynamique durable de paix et de développement.
Vingt-quatre ans après, le devoir de mémoire demeure
La cérémonie de Ziguinchor devrait donc dépasser le cadre d’un hommage protocolaire. Elle sera scrutée par les familles des victimes, les rescapés, les populations de Casamance et l’ensemble de l’opinion nationale.
La présence du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô constituera un moment important de cette journée de recueillement. Elle intervient alors que le gouvernement entend renforcer l’action de l’État en Casamance et placer la mémoire du Joola parmi les éléments structurants de la politique publique dans la région.
Vingt-quatre ans après le drame, le Joola demeure une blessure nationale. Mais la mémoire des victimes peut également servir de rappel permanent sur les exigences de sécurité, de responsabilité publique et de protection des populations.
Samedi 26 septembre, à Ziguinchor, les prières et les hommages raviveront le souvenir de ceux qui ont disparu en mer. Mais au-delà de l’émotion, le message porté par les familles reste le même : ne pas oublier, transmettre et tirer les leçons d’une tragédie qui a marqué à jamais le Sénégal.
Sunuker News Desk

















































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