En France, le taux d’incidence est passé d’environ 180 pour 100 000 habitants, fin mai, à 480 actuellement. On recense en moyenne 40 000 cas quotidiens sur ces derniers jours. Le nombre d’admissions à l’hôpital commence à augmenter au niveau national, mais pas partout.
Pour l’heure, ce rebond des contaminations n’inquiète pas le professeur Frédéric Adnet, interrogé par Valérie Cohen, du service France de RFI. Il est chef du service des urgences de l’hôpital Avicenne à Bobigny, en région parisienne, et directeur médical du Samu de Seine-St-Denis.
« Nous n’observons pas, ni en réanimation, ni dans les services de maladies infectieuses, ni aux urgences, un véritable rebond d’une même ampleur. Donc, tout se passe comme dans la population : le virus circule, infecte les personnes, mais ce rebond épidémique n’a pas de critères de gravité qui mettraient en péril – je dis bien pour l’instant – nos structures hospitalières qui sont fragilisées par le manque de soignants », estime-t-il
Le professeur Adnet se dit « assez confiant ». « Je vois qu’au Portugal, qui a subi la même vague de ce nouveau sous-variant, il n’y a pas eu un raz de marée au niveau hospitalier », poursuit-il. Le pays a connu, en mai, une augmentation marquée des nouveaux cas, qui a culminé début juin à près de 30 000 contagions par jour. La vague a, depuis, commencé à refluer.
La reprise s’explique par la conjonction de deux effets, explique à l’AFP Mircea T. Sofonea, maître de conférences en épidémiologie à l’université de Montpellier. D’une part, un « déclin immunitaire », c’est-à-dire que « la protection conférée par une infection ou une dose de vaccin décroît avec le temps ». D’autre part, l’arrivée de nouveaux sous-lignages d’Omicron, BA.4 et surtout BA.5, qui se propagent d’autant plus rapidement qu’ils semblent bénéficier d’un double avantage de contagiosité et d’échappement immunitaire.
L’impact du service des urgences de l’hôpital Avicenne est que des médecins tombent malades. « J’ai un véritable cluster dans mon service avec plusieurs médecins qui sont malades et avec des symptômes non graves, comme une bonne grippe, mais qui les empêchent de travailler. Cela gêne beaucoup la bonne marche du service. On manque de soignants, on manque de médecins. Et en plus, le peu qu’il nous reste tombent malades. Donc, on est dans une situation qui est difficile », explique le professeur Adnet.
Le gouvernement a appelé cette semaine les plus âgés à recevoir le second rappel vaccinal « le plus vite possible », sur fond de « reprise épidémique modérée ». Un quart des personnes éligibles ont reçu leur second rappel vaccinal contre le Covid-19, un taux « clairement insuffisant », souligne le gouvernement.
(RFI)
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