UEMOA : à Ouagadougou, la Commission veut accélérer la transformation économique et renforcer son partenariat avec la presse
La Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) entend mieux associer les médias à la vulgarisation de ses grands projets communautaires. À l’ouverture, ce lundi 14 septembre 2026 à Ouagadougou, de la 6e session d’information et de sensibilisation des journalistes des États membres, l’institution a présenté ses grandes orientations pour les prochaines années, avec en ligne de mire la Vision prospective 2040 et le Plan stratégique « IMPACT 2030 ».
La capitale burkinabè accueille, du 14 au 18 septembre 2026, des professionnels des médias venus des différents États membres de l’UEMOA dans le cadre d’une session consacrée aux principaux chantiers de l’Union. L’événement est officiellement inscrit à l’agenda de la Commission et se poursuivra jusqu’au vendredi 18 septembre.
À l’ouverture des travaux, la Conseillère technique chargée de la communication, Aminata Mbodj, intervenant au nom du président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop, a insisté sur l’importance du rôle des médias dans le processus d’intégration régionale. L’objectif est notamment de permettre aux journalistes de mieux comprendre les politiques communautaires afin de les expliquer aux populations et de favoriser leur appropriation par les citoyens.
Cette rencontre intervient dans un contexte où l’UEMOA cherche à donner une nouvelle impulsion à son projet d’intégration. Après trois décennies d’existence, l’Union entend désormais accélérer la transformation structurelle de ses économies, renforcer leur compétitivité et mieux répondre aux défis liés notamment à l’emploi des jeunes, à la sécurité, à la formation, à l’innovation et au développement économique.
Au centre des échanges figure ainsi la Vision prospective UEMOA 2040, élaborée comme un cadre de référence pour orienter les choix stratégiques de l’Union sur le long terme. Cette vision ambitionne de faire de l’espace communautaire une zone économique et monétaire durablement intégrée, paisible et prospère, davantage ouverte sur l’Afrique et disposant d’une position stratégique renforcée sur la scène internationale.
Pour parvenir à cette ambition, la Commission a également mis en place le Plan stratégique 2025-2030 « IMPACT 2030 », conçu pour traduire progressivement la Vision 2040 en actions concrètes. Le document doit notamment servir d’outil de pilotage des priorités de la Commission au cours de la période 2025-2030.
L’approche repose sur une idée centrale : l’intégration économique ne peut plus se limiter à la circulation des biens et à l’harmonisation des politiques. L’UEMOA veut désormais favoriser l’émergence de chaînes de valeur régionales, soutenir l’industrialisation et développer des secteurs capables de créer davantage de richesse et d’emplois au sein de l’espace communautaire.
La Vision 2040 identifie d’ailleurs 13 écosystèmes compétitifs appelés à devenir des moteurs de croissance pour l’Union. Cette orientation traduit la volonté de sortir progressivement d’économies encore fortement dépendantes des exportations de matières premières et de favoriser davantage la transformation locale et la création de valeur.
L’agriculture occupe également une place importante dans cette stratégie. Les documents de l’UEMOA mettent notamment l’accent sur plusieurs filières prioritaires telles que le riz, le maïs, le coton, l’élevage-bétail-viande et l’aviculture. L’Union revendique déjà plusieurs interventions dans les infrastructures agricoles, le stockage, l’irrigation et la mise en place de systèmes d’information régionaux.
La dimension humaine n’est pas oubliée. La Vision 2040 prévoit notamment le renforcement des systèmes de santé et de protection sociale, l’amélioration de l’éducation et de la formation professionnelle ainsi que le développement de la recherche, des sciences, de la technologie et de l’innovation. La coopération régionale en matière de sécurité et la création d’opportunités économiques pour une population majoritairement jeune figurent également parmi les priorités affichées.
Dans ce vaste chantier, la Commission considère les médias comme un relais stratégique. La session de Ouagadougou doit donc permettre aux journalistes de disposer d’une meilleure connaissance des programmes et des mécanismes communautaires, mais aussi de poser un regard critique sur leur mise en œuvre et leurs retombées concrètes pour les populations.
L’enjeu est de taille : alors que l’Afrique de l’Ouest traverse une période marquée par des tensions sécuritaires, des recompositions géopolitiques et des défis économiques importants, l’UEMOA veut consolider ses acquis et accélérer son adaptation. Les résultats économiques de 2025 montrent par ailleurs une certaine résilience de ses États membres, avec une croissance régionale annoncée à 6,7 %, contre 6,2 % en 2024, selon le rapport annuel de l’Union.
Durant les cinq jours de travaux, les experts de la Commission présenteront donc aux représentants des médias les principaux axes de la Vision 2040, les orientations d’IMPACT 2030 ainsi que les filières et secteurs considérés comme prioritaires.
Au-delà d’une simple session de formation, Ouagadougou constitue ainsi une nouvelle étape dans la volonté de l’UEMOA de rapprocher ses politiques communautaires des citoyens. Car pour qu’une stratégie régionale produise des résultats durables, encore faut-il qu’elle soit comprise, expliquée et surtout appropriée par les populations auxquelles elle est destinée.
Sunuker News Desk














































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