Dans un communiqué, le Collectif syndical des transports aériens dresse un diagnostic sombre d’un secteur étouffé par des créances impayées, des réformes contestées et un malaise social grandissant qui menace directement la stabilité des opérations aéroportuaires.
Au premier rang des griefs pointe la situation financière d’Air Sénégal SA. La compagnie aérienne nationale accumule, selon le syndicat, une dette préoccupante envers le gestionnaire d’infrastructures de LAS SA, principalement constituée de redevances aéroportuaires collectées, mais jamais reversées aux destinataires finaux.
Pourtant, le problème n’est pas nouveau. Lors de réunions interministérielles présidées par la primature, l’État s’était fermement engagé à faire de l’apurement de ce passif une priorité absolue afin de rétablir la confiance avec les créanciers et les prestataires clés de la plateforme. L’intersyndicale constate que cet engagement est resté lettre morte, attisant la défiance des acteurs du secteur.
Cette impasse financière s’accompagne d’une vive tension sur le terrain social. L’Intersyndicale est montée au créneau pour apporter un soutien catégorique au syndicat SYNPAAS, dénonçant avec virulence des manœuvres de « diabolisation ». Certains discours tentent en effet de dépeindre le mouvement comme la main armée d’un lobby étranger, une accusation balayée par le regroupement syndical qui revendique la seule défense de l’outil de travail national et des emplois locaux.
Si le gouffre financier d’Air Sénégal monopolise l’attention, l’Intersyndicale rappelle que le malaise est bien plus profond et découle du non-respect des résolutions arrêtées lors des derniers états généraux des transports publics.
Plusieurs dossiers majeurs demeurent au point mort, à commencer par le volet foncier où les agents réclament la levée des blocages administratifs sur leurs assiettes de terrains ainsi que l’attribution effective du second lot à Mbour 4.
Sur le plan institutionnel et salarial, les syndicats exigent la consolidation de l’autonomie financière d’AIBD SA, la finalisation du processus d’harmonisation des grilles de rémunération, ainsi que l’octroi de moyens renforcés à l’ANACIM afin de garantir le respect des normes de sécurité de l’OACI.
Enfin, sur le plan organisationnel, les travailleurs rejettent fermement le projet de filialisation de la société d’assistance 2AS avec Air Sénégal SA, réclamant son retrait pur et simple.
Face à l’empilement de ces différends, les acteurs du transport aérien alertent sur le risque d’une dégradation durable de l’écosystème aéronautique sénégalais. L’Intersyndicale appelle à l’arbitrage direct des plus hautes autorités de l’État pour ouvrir sans délai un dialogue franc et constructif.
L’enjeu est désormais d’éviter un blocage majeur, de préserver les acquis sociaux et d’assurer la pérennité d’un service public stratégique pour le pays.
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