La région septentrionale du Tchad replonge dans l’incertitude. Suite à de récents affrontements meurtriers enregistrés dans la zone aurifère de Miski, le médiateur de la République, Saleh Kebzabo, monte au créneau pour appeler instamment l’ensemble des acteurs à la retenue et à l’apaisement.
Le massif du Tibesti, particulièrement riche en gisements d’or, demeure le théâtre d’une instabilité chronique nourrie depuis près d’une décennie par des différends profonds sur le partage des revenus miniers. Les récentes hostilités opposent les forces du comité d’autodéfense local aux éléments de la Brigade nationale de contrôle des activités minières.
Les hostilités ont atteint un seuil critique le 14 octobre dernier lors d’un accrochage armé qui a coûté la vie à au moins deux officiers de l’armée tchadienne, en plus de blesser plusieurs autres éléments. Dans la foulée, le comité d’autodéfense, par la voix de son porte-parole Ahamat Molikni, a vertement critiqué l’action des forces régulières, les accusant de bavures ciblant des civils ainsi que de pratiques de pillage dans la zone.
Chaque camp rejette la responsabilité de cette escalade sur l’autre. Le comité d’autodéfense exige catégoriquement le retrait de la brigade de contrôle minière et de son commandement. Il reproche à cette dernière d’imposer des taxes jugées illégales au profit d’intérêts privés, en violation flagrante des résolutions de paix censées geler l’exploitation minière illicite.
De son côté, l’état-major de l’armée tchadienne dénonce une agression caractérisée contre ses positions et considère que le pacte de paix a été rompu par les milices locales. L’institution militaire a exigé le désarmement immédiat des combattants du comité, avertissant que toute résistance serait dorénavant assimilée à un acte de rébellion.
Face à cette situation explosive qui menace la stabilité régionale, Saleh Kebzabo rappelle que la résolution durable des conflits ne peut découler que du strict respect des accords conclus sous son égide. Ces arrangements prévoyaient notamment un cessez-le-feu permanent, la suspension des permis d’exploitation controversés et l’intégration progressive des combattants dans les rangs de l’armée régulière.
Alors que le gouvernement central observe pour l’instant un profil bas, les appels au dialogue se multiplient pour éviter un embrasement généralisé de cette poudrière minière du grand Nord tchadien.
Par : La Rédaction
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