Un vaste réseau de falsification de documents de voyage vient d’être mis hors d’état de nuire par les forces de sécurité. La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) a frappé un grand coup en interpellant plusieurs individus impliqués dans une affaire de faux visas visant l’espace Schengen et les États-Unis.
Un contrôle aéroportuaire révélateur
L’affaire a éclaté le 14 octobre dernier à l’Aéroport international Blaise-Diagne (AIBD). Alerter par le commissaire spécial des lieux, les éléments de la DNLT ont pris en charge quatre passagers détenteurs de passeports sénégalais arborant des visas jugés suspects pour l’occident et l’Amérique du Nord. Les investigations techniques menées par la suite ont rapidement confirmé le caractère frauduleux de ces précieux sésames.
Entendus par les enquêteurs, les candidats au départ ont fait des aveux accablants. Ils ont reconnu avoir versé des montants oscillant entre 4 et 6 millions de FCFA à des intermédiaires, en contrepartie de promesses d’obtention de visas pour l’Italie, le Canada et les États-Unis.
Les maillons du réseau tombent un à un
La filière a rapidement mené à l’interpellation du convoyeur principal, identifié comme S. A. K. Gaye, alias « Jackson ». Durant son interrogatoire, ce dernier a reconnu avoir fait le lien entre les candidats et un certain D. Ka, tout en jouant le rôle de collecteur de fonds pour les dossiers américains et italiens. S’il a affirmé avoir agi en toute confiance face aux prétendus « contacts diplomatiques » de son complice, il a rejeté toute implication directe dans la fabrication des faux documents.
Poursuivant leurs investigations, les limiers de la DNLT ont interpellé le 16 octobre D. Ka à Diogo, dans la région de Thiès. Ce dernier a admis avoir collecté et acheminé les fonds vers d’autres contacts (notamment un certain A. M. T. et un individu nommé David), tout en minimisant sa responsabilité et en niant la conscience de la fraude, non sans avouer avoir empoché une commission personnelle de 1 200 000 FCFA.
Face à la gravité des faits, S. A. K. Gaye et D. Ka ont été déférés devant le Pôle judiciaire financier (PJF). Ils devront répondre d’association de malfaiteurs, de faux, de complicité d’usage de faux ainsi que de tentative de trafic de migrants par voie aérienne. L’enquête se poursuit activement pour identifier et interpeller les autres ramifications de ce réseau de faussaires.
Signé : La Rédaction