Par La Rédaction — Sunuker.net
À l’occasion de la plénière du forum économique et humanitaire Russie-Afrique, le président russe Vladimir Poutine a prononcé un discours marquant axé sur la recomposition de l’architecture mondiale. Devant les délégations et dirigeants du continent, le chef de l’État a insisté sur l’urgence pour l’Afrique de s’affranchir des logiques hégémoniques traditionnelles pour bâtir son propre avenir.
Un monde multipolaire en marche et le poids croissant des BRICS
D’entrée de jeu, Vladimir Poutine a affirmé que l’émergence d’un ordre mondial multipolaire constituait désormais une réalité irréversible. Selon lui, le temps où les puissances occidentales décidaient unilatéralement du destin des nations est définitivement révolu.
Au cœur de cette dynamique, le dirigeant russe a mis en avant le rôle prépondérant des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, et nouveaux membres). Il a rappelé que les pays membres de ce bloc ont généré plus de 40 % du PIB mondial au cours des cinq dernières années, éclipsant la part du G7 et modifiant durablement les équilibres économiques de la planète.
L’Afrique érigée en pôle majeur de l’économie mondiale
Qualifiant l’Afrique de « continent du futur », le président russe a souligné le potentiel démographique et les richesses naturelles du continent. Avec une croissance économique moyenne de 4,2 % qui surpasse la moyenne mondiale et une population jeune — dont plus de 70 % a moins de 30 ans —, le continent s’impose, selon Moscou, comme l’un des grands centres de décision politique et économique de demain.
Poutine a également dénoncé l’attitude des pays occidentaux, qu’il accuse de recourir à des sanctions, à des barrières tarifaires et à des mécanismes d’endettement pour maintenir une tutelle de type néocolonial. Reprenant une célèbre formule de Thomas Sankara, il a rappelé que la dette demeure un instrument d’asservissement économique, plaidant pour une refonte profonde des institutions financières internationales comme le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.
Vers une souveraineté globale et des partenariats élargis
Au-delà des frontières géographiques, le locataire du Kremlin a élargi le concept de souveraineté aux infrastructures, à l’eau, à l’énergie, ainsi qu’au domaine numérique. Il a proposé aux partenaires africains un partage de compétences technologiques, notamment en matière de stockage de données, de cybersécurité et d’intelligence artificielle.
Le renforcement des échanges commerciaux, la sécurisation des chaînes d’approvisionnement alimentaire — avec des millions de tonnes de céréales et d’engrais exportées vers le continent — ainsi que la mise en place de plateformes de transaction alternatives pour s’affranchir des circuits bancaires traditionnels ont également été au centre des propositions russes.
Le sommet s’est achevé sur la perspective de l’adoption d’un plan d’action stratégique pour la période 2027-2029, visant à institutionnaliser une coopération durable fondée sur le principe du respect mutuel.