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SONKO A PERDU LA MAIN: LE DIALOGUE COMME REPLI STRATÉGIQUE. Par Papa Ibrahima Senghor

SONKO A PERDU LA MAIN: LE DIALOGUE COMME REPLI STRATÉGIQUE. Par Papa Ibrahima Senghor

Ousmane Sonko réclame aujourd’hui le dialogue avec Bassirou Diomaye Faye. Mais derrière cet appel, une lecture politique s’impose : après avoir longtemps voulu imposer son tempo, l’ancien Premier ministre semble confronté à un rétrécissement de ses marges de manœuvre. Les portes se ferment, les rapports de force évoluent et l’initiative politique lui échappe progressivement.

Quand on ne maîtrise plus le jeu, on cherche à rouvrir la négociation. Quand on perd la main, on réclame le dialogue.

Il ne s’agit pas de réconciliation. Il s’agit de comprendre les ressorts d’un changement de posture. Sonko veut-il dialoguer pour faire avancer le Sénégal ou parce qu’il mesure désormais les limites de sa capacité à imposer ses choix ?

Après environ 26 mois à la Primature, son bilan mérite d’être interrogé. Les Sénégalais attendent toujours des changements plus perceptibles dans leur quotidien. Il ne peut pas réclamer des comptes à son successeur sans accepter que les siens soient examinés.

Par ailleurs, les menaces du leader de PASTEF concernant le vote de la LFR et de la LFI 2027 soulèvent une question de responsabilité. Le Parlement dispose de ses prérogatives, mais le budget national ne doit pas devenir un instrument de pression dans une bataille de leadership.

Le Président Bassirou Diomaye Faye doit pouvoir exercer ses responsabilités constitutionnelles. Il n’a pas à négocier l’exercice de ses prérogatives sous la pression d’une rivalité politique.

Sonko peut réclamer le dialogue ; il ne peut exiger que la République s’organise autour de ses intérêts politiques.

Le Sénégal n’a besoin ni d’un arrangement personnel ni d’une bataille permanente au sommet de l’État. Il a besoin d’institutions respectées, d’une gouvernance efficace et de résultats concrets.

Le temps des postures doit céder la place au temps des comptes. Et le premier responsable appelé à rendre compte de ses 26 mois à la Primature ne peut pas être celui qui prétend aujourd’hui distribuer seul les bons et les mauvais points.

Papa Ibrahima Senghor
DG SNR