La question de l’hygiène dans la restauration de rue est un enjeu de santé publique majeur au Sénégal. Après une étape remarquée dans la capitale, c’est au tour de la cité du rail d’accueillir une vaste campagne de sensibilisation. L’administration locale en a profité pour faire le point sur la salubrité des aliments vendus dans la région, dressant un bilan plutôt rassurant.
La prévention des risques liés à l’alimentation de rue nécessite une synergie d’actions entre vendeurs, clients et pouvoirs publics. C’est tout le sens de la caravane de presse récemment déployée à Thiès par l’Association des journalistes spécialisés en santé, population et développement (AJSPD), avec l’appui institutionnel de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Accueillant cette délégation à la gouvernance, Ababacar Sadikh Niang, l’adjoint au gouverneur de Thiès en charge du développement, s’est voulu particulièrement apaisant quant à la qualité de ce qui se retrouve dans les assiettes des consommateurs locaux. Loin de minimiser les risques inhérents à ce secteur informel mais vital pour l’économie locale, l’autorité administrative a mis en avant le dispositif de contrôle rigoureux déployé sur le terrain.
Il a notamment adressé un satisfecit appuyé à la Brigade régionale d’hygiène. Les éléments de ce service ont en effet multiplié les descentes, non seulement pour inspecter, mais surtout pour encadrer les acteurs de la restauration publique. « Les autorités thiessoises en ont fait une priorité absolue, et la brigade abat un travail de terrain tout simplement remarquable pour garantir la sécurité des consommateurs », a fait valoir M. Niang.
De la répression à l’éducation communautaire
La stratégie adoptée par la région repose fortement sur l’éducation et l’implication des relais locaux. À l’issue des récentes inspections, la démarche pédagogique a primé avec la formation de trente restauratrices, désormais outillées pour respecter les standards d’hygiène sanitaire.
Pour pérenniser ces bonnes pratiques, le tissu social sénégalais a été mis à contribution. Douze acteurs communautaires ont été mobilisés et formés. Parmi eux, six relais traditionnels et six Badjénou gokh (ces marraines de quartier, piliers incontournables de la sensibilisation sanitaire de proximité au Sénégal). Leur mission : prêcher la bonne parole et ancrer les réflexes de propreté au sein de leurs voisinages respectifs.
Tivaouane et Mbour en ligne de mire
Fort de ce succès dans la commune de Thiès, l’exécutif régional refuse de s’arrêter en si bon chemin. L’adjoint au gouverneur a clairement affiché sa volonté de décloisonner cette initiative. L’objectif est d’étendre rapidement ce vaste programme de sensibilisation et de mise aux normes aux autres départements de la région, avec une attention particulière portée sur Mbour et Tivaouane, des zones à très forte densité démographique et économique.
Une démarche proactive qui prouve que la restauration de rue peut rimer avec sécurité, pour peu que l’encadrement et la formation soient au rendez-vous.
La Rédaction : sunuker.com
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