À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la santé mentale, l’Association sénégalaise pour le suivi et l’assistance aux malades mentaux (ASSAMM) est montée au créneau. Son président, Ansoumana Dione, a vivement regretté l’absence de concertation et l’exclusion des structures de terrain des différentes activités commémoratives organisées à travers le pays.
Fort d’un parcours de plus de deux décennies voué à la cause des personnes vulnérables, il estime que la politique sanitaire nationale gagnerait à s’appuyer davantage sur l’expertise des acteurs de première ligne.
Face aux urgences que traverse le secteur psychiatrique sénégalais, le responsable associatif a solennellement sollicité une audience auprès du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Pour l’ASSAMM, une collaboration étroite entre l’exécutif et les organisations de la société civile demeure indispensable pour surmonter les défis structurels du pays en matière de santé mentale.
Pour rappel, l’engagement d’Ansoumana Dione remonte à l’année 1983, motivé par les épreuves de santé mentale traversées par son propre frère aîné. Cette expérience personnelle l’a conduit à fonder l’ASSAMM le 1er août 2000 à Rufisque, avec pour missions principales la défense des droits des malades mentaux et l’assistance aux personnes en situation d’errance dans l’espace public.
Afin d’améliorer durablement la prise en charge des patients, l’association a réitéré plusieurs doléances phares :
La mise en place d’un programme national de prise en charge directement intégré au sein des structures sanitaires publiques.
L’accessibilité et la disponibilité continue des médicaments psychotropes essentiels pour stabiliser les malades.
La création d’un pavillon spécialisé au sein de l’hôpital psychiatrique de Thiaroye, spécifiquement dédié aux personnes atteintes de troubles mentaux incarcérées en milieu carcéral.
Par ailleurs, l’ASSAMM a profité de cette journée de sensibilisation pour aborder la situation du centre Ansoumana Dione, implanté à Bouchra (Kaolack), dont l’organisation revendique ardemment la gestion. Pour l’association, la Journée mondiale de la santé mentale doit avant tout servir de tribune pour donner la parole aux personnes directement concernées, à leurs familles ainsi qu’aux structures de terrain qui les accompagnent au quotidien.
Signé : La Rédaction
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