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Samuel Eto’o rattrapé par une affaire de plus de 500 000 euros : d’anciens responsables de la Fecafoot réclament des comptes

Samuel Eto’o rattrapé par une affaire de plus de 500 000 euros : d’anciens responsables de la Fecafoot réclament des comptes

Samuel Eto’o rattrapé par une affaire de plus de 500 000 euros : d’anciens responsables de la Fecafoot réclament des comptes

Une nouvelle affaire financière vient raviver les tensions autour de Samuel Eto’o, président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot). Selon une enquête publiée par The Times, plus de 500 000 euros liés au match amical Russie-Cameroun disputé à Moscou en octobre 2023 auraient été versés sur un compte bancaire personnel de l’ancien capitaine des Lions indomptables. D’anciens responsables de la fédération réclament désormais des explications sur la destination de ces fonds.

L’affaire repose notamment sur des factures et documents contractuels consultés par The Times. Ceux-ci feraient apparaître deux versements de 455 056 euros et 112 514 euros, soit un montant cumulé supérieur à 567 000 euros. Les sommes auraient été orientées vers un compte personnel de Samuel Eto’o auprès de la Qatar National Bank à Doha, plutôt que vers un compte officiel de la Fecafoot.

Le premier versement, d’environ 455 000 euros, avait déjà fait l’objet de révélations dans la presse camerounaise en 2025. Des documents alors diffusés indiquaient que cette somme correspondait à une partie de la prime liée à l’organisation de la rencontre Russie-Cameroun, disputée le 12 octobre 2023 à Moscou et remportée 1-0 par la sélection russe.

Au cœur de la controverse se trouve donc une question simple : pourquoi une recette destinée à la fédération camerounaise aurait-elle été dirigée vers le compte personnel de son président et, surtout, qu’est-il advenu de cet argent ?

Des anciens dirigeants demandent des explications

Guibai Gatama, ancien membre du comité exécutif de la Fecafoot et figure critique de la gouvernance d’Eto’o, fait partie de ceux qui réclament des éclaircissements. Selon les informations rapportées par The Times, d’anciens responsables de l’instance affirment ne pas avoir connaissance de documents comptables ou bancaires permettant d’établir que les fonds ont ensuite été reversés sur les comptes officiels de la fédération.

Cette affaire n’est d’ailleurs pas totalement nouvelle. En juin 2025, Guibai Gatama avait saisi la commission d’éthique de la Fecafoot au sujet du versement de 455 056 euros sur le compte personnel de Samuel Eto’o. Des démarches avaient également été engagées auprès des instances internationales du football.

La Fecafoot avait, de son côté, reconnu l’existence du versement sur le compte d’Eto’o tout en soutenant que le président avait été autorisé à encaisser les fonds au nom de l’institution. Cette justification avait toutefois été contestée par ses détracteurs, qui demandaient que soient rendus publics les documents établissant cette autorisation et la traçabilité des sommes.

Le dossier prend une dimension supplémentaire puisque des sources de la presse camerounaise avaient également évoqué le déblocage par l’État camerounais d’une enveloppe de plus de 559 millions de francs CFA pour les dépenses liées aux déplacements des Lions indomptables autour de cette période. Cette coexistence de financements publics et de sommes versées par la partie russe a alimenté les interrogations sur la gestion financière de la rencontre.

À ce stade, il convient toutefois de souligner que ces éléments font l’objet d’accusations et de contestations et ne constituent pas, à eux seuls, la preuve d’un détournement. La question centrale demeure celle de la justification comptable et de la traçabilité des fonds.

Une affaire qui prend une dimension internationale

Les anciens responsables de la Fecafoot affirment avoir également alerté la commission d’éthique de la FIFA et déplorent l’absence de réponse substantielle à leurs démarches. Cette situation nourrit, au Cameroun, les critiques de ceux qui estiment que Samuel Eto’o bénéficie d’une relation privilégiée avec Gianni Infantino, le président de la FIFA.

Cette proximité politique et institutionnelle a récemment été remise au premier plan après les prises de position publiques d’Eto’o en faveur du dirigeant de la FIFA.

Le président de la Fecafoot avait notamment défendu le projet FIFA Forward Enterprise (FFE), une initiative portée par Infantino qui devait créer une nouvelle structure commerciale destinée à valoriser les droits commerciaux liés aux compétitions de la FIFA. Le projet prévoyait notamment l’entrée d’investisseurs privés au capital de cette structure, avec la promesse d’accroître les financements destinés aux 211 associations membres de la FIFA.

Mais face à l’opposition de plusieurs acteurs majeurs du football mondial, notamment en Europe, la FIFA a finalement abandonné le projet le 31 juillet 2026.

Malgré cet abandon, Samuel Eto’o a continué à défendre le principe de l’initiative et à soutenir Gianni Infantino, estimant que le projet aurait pu apporter davantage de ressources au développement du football africain.

Eto’o face à de nouvelles interrogations

Pour ses adversaires, cette succession d’affaires pose désormais la question plus large de la gouvernance de la Fecafoot et de la transparence dans la gestion de ses ressources.

Pour Samuel Eto’o, l’enjeu est d’autant plus sensible que son mandat à la tête du football camerounais a déjà été marqué par plusieurs controverses, notamment autour de la gouvernance fédérale et de certaines décisions prises depuis son arrivée à la présidence.

Dans cette nouvelle affaire, l’ancien attaquant camerounais conteste les accusations de mauvaise gestion. The Times rapporte qu’Eto’o nie tout acte répréhensible. La Fecafoot et son président sont désormais confrontés à une question qui dépasse le simple débat politique : où sont passés les fonds versés par la Russie et existe-t-il une documentation comptable permettant d’en retracer précisément le parcours ?

Une clarification officielle, accompagnée des pièces comptables et bancaires pertinentes, permettrait de mettre fin aux spéculations et de déterminer si ces fonds ont bien été encaissés et utilisés conformément aux règles de la fédération.

Sunuker News Desk