La grande cour de la Gouvernance de Saint-Louis a été prise d’assaut hier, jeudi 1er mai, par les syndicats et intersyndicales de travailleurs venus nombreux déposer leurs cahiers de doléances. De l’agriculture à la pêche en passant par le transport, le nettoiement, l’éducation entre autres, tous ces secteurs ont été représentés avec des doléances diverses et spécifiques à chaque secteur.
Les ex-agents du Fonds d’Entretien Routier Autonome (FERA) ont été les premiers à se présenter hier, jeudi, à la Gouvernance de Saint-Louis pour la traditionnelle cérémonie de remise des cahiers de doléances des syndicats de travailleurs. Tout de rouge vêtus, ces agents du nettoiement, très en colère courent derrière 06 mois de salaires. Une situation difficilement vécue par ces pères et mères de familles restés longtemps sans emplois. « Nos difficultés, ce sont nos arriérés de salaires et le retard dans le renouvellement de nos contrats de travail. C’est la raison pour laquelle nous sommes ici tout en colère pour exprimer notre mécontentement parce que cela fait six mois que nous n’avons pas perçu nos salaires. Beaucoup d’entre nous n’arrivent plus à joindre les deux bouts, payer la scolarité des enfants, payer le loyer, etc. C’est vraiment difficile », a déploré Ibrahima Fall, leur porte-parole. Une colère exprimée aussi par les travailleurs des Grands Domaines du Sénégal (GDS) affiliés à la FGTS/B qui exigent l’annulation immédiate du licenciement abusif de 176 travailleurs au niveau de cette entreprise. Dans leur cahier de doléances, ces travailleurs réclament aussi le renforcement des conditions d’hygiène et de sécurité ; la mise en place d’une convention agricole par le Gouvernement du Sénégal entre autres. Pour leur part, les pêcheurs de Saint-Louis regroupés au sein de divers syndicats tels que le Syndicat national autonome des pêcheurs du Sénégal (SNAPS), l’Union régionale des pêcheurs artisanaux de Saint-Louis (URPAS), ont remis également leur cahier de doléances. Celles-ci portent sur le respect des engagements pris sur les six récifs artificiels ; l’inclusion des acteurs de la pêche sur l’exploitation des hydrocarbures ; la légalisation définitive du mono-filament dans la pêche ; le retrait de l’article 66 du code de la pêche. Ils souhaitent aussi que la zone des 12 miles soit prioritairement réservée à la pêche artisanale. Les travailleurs du secteur des transports, particulièrement les bus Tata, et les maçons de la région de Saint-Louis ont également fait le déplacement avec des doléances qui tournent autour de la revalorisation de leurs statuts. Ces derniers veulent aussi plus de considération de la part de l’État ainsi que de leurs employeurs. La CNTS a été également fortement représentée à travers la présence des syndicats tels que le SAMES, le SAES, la SAED, le SELS, le STESU. L’UNSAS n’a pas manqué également le rendez-vous. L’adjoint administratif au Gouverneur de Saint-Louis, Sidy Guissé Diongue, a quant à lui tenu à rassurer les syndicalistes après réception de leurs cahiers de doléances. « Pour toutes les doléances qui peuvent être résolues au niveau régional, nous allons adopter la même approche de dialogue social avec l’ensemble des acteurs pour continuer les rencontres en vue de trouver des solutions à ces revendications. En revanche pour les points de revendications qui relèvent du niveau central, ils seront transmis dans les meilleurs délais aux autorités compétentes. À Saint-Louis, nous sommes avec les acteurs dans une dynamique de dialogue social », a-t-il déclaré. Il était accompagné de l’adjoint au Préfet de Saint-Louis, Abdou Khadre Dieylani Bâ et du représentant de l’Inspection régionale du Travail et de la Sécurité Sociale de Saint-Louis, Malal Samba Ndao.
YVES TENDENG