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FIFA 2027 : l’Italie lâche Infantino, le front européen se fissure au sommet du football mondial

FIFA 2027 : l’Italie lâche Infantino, le front européen se fissure au sommet du football mondial

Le retrait du soutien de la Fédération italienne de football à Gianni Infantino constitue un signal politique beaucoup plus important qu’un simple changement de position fédérale. À quelques mois de l’élection présidentielle de la FIFA prévue en mars 2027, Rome choisit de prendre ses distances avec son propre ressortissant et ouvre potentiellement une nouvelle phase dans la bataille pour le contrôle de l’instance mondiale.

Un désaveu qui dépasse la seule Italie

Le fait que la FIGC agisse en coordination avec UEFA et son président Aleksander Čeferin donne à cette décision une dimension continentale.

Le message est clair : une partie du football européen veut reprendre davantage de poids dans les décisions de la FIFA et contester certaines orientations de son président.

Pour Infantino, le problème n’est donc pas seulement de perdre une voix italienne. C’est le risque de voir se structurer un rapport de forces européen autour d’une autre conception de la gouvernance du football mondial.

Infantino face à un problème politique

Depuis son arrivée à la tête de la FIFA, Infantino a considérablement renforcé le rôle politique de l’institution et élargi son influence au-delà du football européen.

Sa stratégie repose notamment sur une redistribution plus importante du pouvoir entre les différentes confédérations, avec une place accrue accordée à l’Afrique, à l’Asie et aux autres régions du monde.

C’est précisément là que se trouve l’un des enjeux de 2027.

L’Europe dispose d’un poids sportif, économique et historique considérable, mais elle n’est plus seule à pouvoir déterminer l’avenir de la FIFA.

Le président de la FIFA a progressivement construit une base politique mondiale qui dépasse largement le continent européen. Le retrait italien pourrait donc être interprété comme une tentative de l’Europe de reprendre l’initiative avant le scrutin.

Le véritable enjeu : qui contrôlera la FIFA après 2027 ?

Derrière les déclarations sur le mérite sportif, la solidarité ou la durabilité se joue une question beaucoup plus stratégique :

quelle vision du football mondial doit dominer dans les prochaines années ?

D’un côté, le camp d’Infantino défend une FIFA davantage mondialisée, capable de multiplier les compétitions, les partenariats et les revenus, tout en donnant davantage de poids aux fédérations non européennes.

De l’autre, une partie de l’Europe souhaite préserver une architecture du football international dans laquelle les grandes fédérations européennes et les clubs conservent une influence majeure sur les grandes décisions.

La bataille de 2027 pourrait donc devenir une bataille entre deux modèles de gouvernance.

L’Afrique pourrait devenir un territoire politique décisif

C’est probablement l’un des éléments les plus importants à surveiller.

Avec ses 54 associations membres de la Confédération africaine de football, l’Afrique représente un bloc électoral considérable.

Infantino a depuis plusieurs années développé une relation politique étroite avec le football africain. Les investissements de la FIFA sur le continent et le renforcement de la visibilité du football africain constituent autant d’éléments susceptibles de peser dans les rapports de forces.

Le calcul européen est donc délicat : affaiblir Infantino en Europe ne signifie pas nécessairement affaiblir sa candidature à l’échelle mondiale.

Il pourrait même chercher à transformer le désengagement de certaines fédérations européennes en argument politique auprès des autres confédérations.

Le risque pour Infantino

Le véritable danger serait qu’une série de désengagements européens transforme l’affaire italienne en mouvement collectif.

Si d’autres fédérations importantes décidaient de suivre Rome, Infantino pourrait se retrouver confronté à une opposition européenne organisée.

Mais cette hypothèse comporte également un risque pour ses adversaires : ils doivent encore trouver un candidat suffisamment puissant pour fédérer ce mécontentement.

Critiquer Infantino est une chose. Construire une majorité mondiale alternative en est une autre.

Mars 2027 : une élection qui pourrait redessiner la FIFA

Le retrait italien donne donc le coup d’envoi d’une bataille qui pourrait progressivement dépasser les questions sportives.

Trois questions seront déterminantes :

  • Combien de fédérations européennes suivront l’Italie ?
  • Infantino conservera-t-il son avantage auprès des fédérations africaines et asiatiques ?
  • L’opposition sera-t-elle capable de présenter une candidature unique et crédible ?

À ce stade, le départ du soutien italien ne signifie pas la chute d’Infantino.

Mais politiquement, le signal est sérieux : pour la première fois, une fédération de son propre pays choisit de ne plus marcher derrière lui.

Et dans une élection où chaque bloc continental compte, la bataille pour la FIFA 2027 vient clairement de changer de dimension.

James Dillinger

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