L’Installation des députés sous surveillance des forces de l’ordre… Le lundi 12 septembre 2022 a été marqué par une série d’évènements qui ont émaillé l’installation de cette 14
e législature qui avait été annoncée sous les auspices de rupture. Ce qui est d’abord à l’ordre du jour c’est le cas des députés qui avaient en même temps, un portefeuille ministériel : Amadou Ba, Abdoulaye Seydou Sow, Abdoulaye Daouda Diallo et Mariama Sarr s’étaient heurtés au refus des députés de l’opposition qui demandaient le respect du règlement intérieur et de la constitution. Quand Abdou Mbow évoque l’article 51 du règlement intérieur en son chapitre 13 qui parle de l’unité en faisant la distinction avec le code électoral en son article 172, qui stipule que « le député qui, lors de son élection se trouve dans l’un des cas d’incompatibilité visé dans le présent chapitre, est tenu dans les huit jours qui suivent son entrée en fonction de se démettre d’un de ses postes. » Le message de l’opposition est clair. Les choses ont désormais changé. Ce qui se faisait n’est plus valable. La preuve, même avec le mode de vote pour désigner le président de l’Assemblée nationale, l’opposition exige toute la transparence qui s’impose.
Micro arraché, table cassées et des députés qui se donnent du plaisir à monter sur les tables, tous ces détails sont autant de faits qui intriguent toujours les sénégalais se demandant le type de parlementaire que nous avons même si, la rupture pour un équilibre à l’assemblée avait été tant souhaitée.
L’élection du maire de Richard Toll et non moins directeur général de la Sapco a été la surprise générale, mais un coup de massue pour celle qui a avalé plus de 5.000 kilomètres pour battre campagne et réaffirmer sa fidélité au président Macky Sall. Il n’a suffi que de quelques minutes dans l’hémicycle pour qu’elle voie ses espoirs d’être la deuxième personnalité de l’État réduits à néant. C’est bien Amadou Mame Diop qui remplace Moustapha Niasse au perchoir. L’ancien ministre de la justice a jugé le choix de Amadou Mame Diop, « strictement familial. » C’est selon Aminata Touré, un choix qui mériterait de déposer une loi sur la table du président de l’assemblée nationale pour interdire l’implication de membres de la famille présidentielle dans les affaires publiques. Ainsi, celle qui fut tête de liste de BBY vient allonger la liste des non-inscrits jusque-là, courte constituée par Thierno Alassane Sall et Pape Djibril Fall.
Avec la forte présence de l’opposition parlementaire, on a assisté à un mixage inédit du bureau de l’assemblée et des commissions. Dans les débats l’opposition s’est d’ailleurs réjoui de cette participation historique qui indique, pensera-t-elle, la voie annoncée de la rupture.
En décembre, les évènements politiques se sont accélérés avec notamment le marathon budgétaire. Les débats ont été épiques avec une participation passionnée des deux camps (Benno et Yewwi Askan Wi particulièrement). Après les travaux en commissions techniques, les plénières ont été une continuité de l’installation des députés. L’affaire Amy Ndiaye Gniby a été la tache noire de ce marathon qui a vu le passage de tous les ministres de la république.
Amy Ndiaye, maire de la commune de Gniby, enceinte, a subi des violences de la part de deux députés de Yewwi Askan Wi, à savoir Massata Samb et Mamadou Niang. Elle a dû être admise à l’hôpital principal de Dakar.
La police a été saisie par le Parquet à la suite d’un courrier du président de l’Assemblée nationale exigeant des poursuites contre les deux députés. Par contre, l’opposition a accusé Amy Ndiaye d’avoir manqué de respect à Serigne Moustapha Sy lors d’une intervention à l’Assemblée où elle affirmait qu’il ne tenait pas sa parole et manquait de respect au président Macky Sall.