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Qui dirige réellement l’Iran ? Le pouvoir entre le président, le Guide suprême et les Gardiens de la révolution

Qui dirige réellement l’Iran ? Le pouvoir entre le président, le Guide suprême et les Gardiens de la révolution

Alors que les négociations entre l’Iran et les États-Unis demeurent dans l’impasse, une question revient avec insistance : qui détient aujourd’hui le véritable pouvoir à Téhéran ? Si le président Massoud Pezeshkian incarne officiellement l’exécutif, de nombreux observateurs estiment que les décisions stratégiques restent concentrées autour du Guide suprême, Mojtaba Khamenei, et des Gardiens de la révolution.

Dans un entretien accordé à RFI, l’historien Jonathan Piron, spécialiste de l’Iran et chercheur associé au Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP), estime que le fonctionnement actuel du pouvoir iranien est devenu particulièrement opaque depuis la disparition d’Ali Khamenei.

Un Guide suprême quasiment invisible

Selon Jonathan Piron, les difficultés évoquées récemment par le président Massoud Pezeshkian concernant ses échanges avec le Guide suprême ne relèvent pas d’un désaccord politique, mais plutôt d’un accès extrêmement limité à Mojtaba Khamenei.

Ce dernier vivrait sous haute protection depuis les événements ayant conduit à son accession à la tête de la République islamique. Sa discrétion alimente de nombreuses interrogations sur son état de santé et sur sa capacité à exercer pleinement ses fonctions. Son absence prolongée de la scène publique nourrit également les spéculations, sans qu’aucune information officielle ne vienne les confirmer.

Le président, un rôle limité

Pour le spécialiste, la Constitution iranienne confère déjà au président un pouvoir relativement restreint dans les domaines régaliens que sont la défense, la politique étrangère et le nucléaire. Ces dossiers demeurent largement sous le contrôle du Guide suprême et des Gardiens de la révolution.

Dans ce contexte, Massoud Pezeshkian disposerait d’une marge de manœuvre limitée. Son rôle consiste davantage à mettre en œuvre les orientations arrêtées par les plus hautes autorités du régime qu’à les définir lui-même.

À la différence d’anciens présidents comme Hassan Rohani, qui avait personnellement conduit les négociations sur le nucléaire, Pezeshkian apparaît beaucoup plus en retrait sur les grandes questions stratégiques.

Les Gardiens de la révolution au cœur du système

Les Gardiens de la révolution continuent d’exercer une influence déterminante sur les orientations politiques, militaires et sécuritaires du pays. Cette institution contrôle également d’importants secteurs de l’économie iranienne, ce qui renforce son poids dans les décisions nationales.

Selon Jonathan Piron, malgré l’existence de sensibilités différentes entre modérés et ultraconservateurs, aucune fracture majeure n’est actuellement visible au sommet de l’État concernant les discussions avec Washington. Les principaux centres de pouvoir semblent maintenir une ligne commune sur les intérêts stratégiques du pays.

Des rumeurs de démission du président

Depuis plusieurs semaines, des rumeurs circulent sur une possible démission de Massoud Pezeshkian. Pour Jonathan Piron, ces informations doivent être abordées avec prudence en raison de l’opacité du système politique iranien.

Le chercheur reconnaît toutefois que le président semble manifester une certaine frustration face à son faible poids politique. Des tensions existaient déjà avant la récente crise, notamment avec un Parlement dominé par les ultraconservateurs.

Toutefois, même si une démission intervenait, elle ne provoquerait probablement pas de crise institutionnelle majeure. Le fonctionnement du régime repose avant tout sur le Guide suprême, les Gardiens de la révolution et les principaux organes du pouvoir, plutôt que sur la présidence de la République.

Un équilibre institutionnel inchangé

Malgré les interrogations sur l’état du Guide suprême et les spéculations entourant le président Pezeshkian, les spécialistes estiment que l’architecture du pouvoir iranien demeure globalement stable. Les centres décisionnels continuent de fonctionner autour du Guide suprême, des Gardiens de la révolution et des institutions religieuses, tandis que la présidence conserve essentiellement un rôle d’exécution.

Dans un contexte régional toujours marqué par de fortes tensions, cette organisation du pouvoir reste l’un des principaux facteurs qui influencent la politique intérieure iranienne ainsi que les relations du pays avec les puissances occidentales.

Par Sunuker Desk News

James Dillinger

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