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quand les enfants payent un lourd tribut – Sud Quotidien

Le constat est afférant.  Des adultes, pour solder leurs comptes nés d’une rivalité au sein des familles s’en prennent aux enfants. Parfois, il s’agit d’une extrême vengeance parce qu’ils sont tués. 

Ces derniers jours, le meurtre d’un enfant de 5 ans, par sa tante Astou Fall à Sébikotane a tenu en haleine les Sénégalais. Comme signe de vengeance à la mère avec qui elle ne serait pas en de bons termes, la tante a mis fin à la vie du gamin. Cette affaire rappelle une autre tout aussi dramatique et qui a eu lieu en mars dernier. Sur demande de la grand-mère paternelle, bébé Lansana a été enlevé de son sommeil et jeté  dans un puits par une voisine complice de sa tante. La cause, l’empêcher d’être l’héritier d’un père orpailleur.

A Rufisque également,  un enfant a payé les frais de la rivalité dans son domicile. Il est victime de graves blessures après que sa tante sous prétexte qu’il dérangeait, lui a versé de l’huile chaude. En février 2020, la chambre criminelle de Dakar, a condamné la dame Seynabou Ndiaye à 20 ans de travaux forcés. Elle est reconnue coupable de maltraitances ayant entrainé la cécité de ses deux belles âgées au moment des faits de 5 et 3 ans.

Au débat d’audience, les filles racontant le supplice vécu disaient que leur belle-mère les battait avec un fil, leur donnait des coups de pieds, cognait dés fois leur tête contre le mur et versait un liquide sur leur tête et mettait parfois du détergent aux yeux.

Ces cas ne sont qu’illustratifs d’un mal très profond.  S’ils ne sont pas mis en lumière par les médias ou les réseaux sociaux, des brimades et sévices commis sur des enfants sont récurrents.  Pour ne pas briser les liens familiaux,  d’extrêmes cas de maltraitances sont étouffés, les coupables laissés en liberté au grand-dam de potentielles futures victimes qui payent parfois les conséquences de la mésentente familiale.

La forme a peut-être évolué en aboutissant à des meurtres et autres sévices corporelles si elle n’est pas tout simplement amplifiée par les médias et l’essor des réseaux sociaux, mais la société sénégalaise a toujours rattaché un fait ou une autre au voisin ou parent peu aimant. Le maraboutage, la sorcellerie et les pratiques occultes qui aboutissent selon des croyances à la mort, la folie ou la perte de repère de la cible, sont toujours évoqués.

Fatou NDIAYE

James Dillinger

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