Le prix Nobel de la paix de cette année 2021 a été décerné à deux journalistes. La Philippine Maria Ressa et le Russe Dimitry Muratov ont été distingués pour « leur combat courageux pour la liberté d’expression dans leurs pays », selon le Comité Nobel norvégien qui a attribué le prix, le 8 octobre à Oslo, capitale de la Norvège.
Il s’agit du premier prix Nobel de la paix à récompenser la liberté d’information en tant que tel.
Agé de 59 ans, le lauréat russe, Muratov a bénéficié de cette distinction de marque grâce à son combat pour la défense de la liberté d’expression en Russie dans des conditions jugées difficiles.
Le Comité a noté que « malgré les assassinats et les menaces, le rédacteur en chef et un des cofondateurs du journal russe Novaïa Gazeta, Dmitri Mouratov a refusé d’abandonner la politique indépendante du journal et a choisi de défendre les droits des journalistes ».
Créé en 1993, le quotidien russe Novaïa Gazeta, met à nu la corruption, les violences policières, les arrestations illégales, la fraude électorale grâce à Dmitri Mouratov. Le journal est l’une des rares publications encore indépendantes en Russie.
Pour sa part, la lauréate Ressa a été plébiscitée pour avoir dénoncé la corruption et exposé les abus de pouvoir et l’autoritarisme croissant dans son pays d’origine, les Philippines.
Agée de 58 ans, Maria Ressa a cofondé la plate-forme numérique de journalisme d’investigation Rappler en 2012, qui a exclusivement concentré son travail sur « la campagne antidrogue controversée et meurtrière du régime du président philippin Rodrigo Duterte », a fait valoir le comité Nobel.
Les deux lauréats « sont les représentants de tous les journalistes qui défendent cet idéal dans un monde où la démocratie et la liberté de la presse sont confrontées à des conditions de plus en plus défavorables », a déclaré à Oslo la présidente du comité Nobel norvégien, Berit Reiss-Andersen.
Pour Reporters sans frontières (RSF), ce prix est un signe puissant et un appel à l’action.
« À cet instant, deux sentiments dominent : la joie et l’urgence », a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.
Ce prix a été, toutefois, salué par des voix les plus autorisées dont le président américain Joe Biden et le secrétaire général de l’Organisation des nations unies, Antonio Guterres.
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