Le Port autonome de Dakar veut changer d’échelle. En visite mercredi 23 septembre à la Direction générale du Port autonome de Dakar (PAD), la ministre des Pêches et de l’Économie maritime, Amy Mara Dièye, a rencontré le directeur général Doune Pathé Mbengue, le top management ainsi que l’ensemble de la communauté portuaire. Une rencontre placée sous le signe de la transformation, de la compétitivité et du renforcement du rôle du Sénégal dans les échanges maritimes régionaux.
Pour la ministre, cette visite ne devait pas se limiter à une rencontre institutionnelle. Elle a expliqué vouloir aller à la rencontre des femmes et des hommes qui font fonctionner quotidiennement le port, écouter leurs préoccupations, prendre connaissance des difficultés rencontrées sur le terrain et identifier les leviers permettant d’accélérer les projets en cours.
Au cœur des échanges : l’ambition portée par l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 » de faire du Sénégal une plateforme maritime et logistique de référence en Afrique. Amy Mara Dièye a insisté sur la nécessité de moderniser les infrastructures, d’améliorer la fluidité des opérations, de renforcer la digitalisation des procédures et de consolider la sécurité et la sûreté portuaires. Elle a également souligné l’importance d’une chaîne logistique capable de répondre aux exigences du commerce international.
Cette ambition s’appuie sur un outil qui demeure central dans l’économie nationale. Selon les données présentées lors de la rencontre, le Port autonome de Dakar a traité en 2025 29,66 millions de tonnes de marchandises, dont 20,03 millions à l’importation et 9,63 millions à l’exportation. Le PAD a par ailleurs réalisé un chiffre d’affaires de 85,630 milliards de francs CFA, pour un résultat d’exploitation de 21,587 milliards de francs CFA.
Pour la nouvelle direction générale, ces performances constituent une base sur laquelle il faut désormais bâtir une transformation structurelle. Doune Pathé Mbengue entend consolider les acquis tout en améliorant la performance globale de l’écosystème portuaire, notamment dans les domaines de la modernisation, de la logistique et de l’intégration régionale.
La visite ministérielle a également permis à Amy Mara Dièye de découvrir la salle simulateur du port, où lui a été présentée la maquette du futur port multifonctionnel de Ndayane. Ce projet stratégique s’inscrit dans la volonté du Sénégal de renforcer ses infrastructures portuaires et d’accroître ses capacités logistiques.
Pour la ministre, cette présentation a offert un aperçu concret de ce que pourrait être le Sénégal maritime de demain. Ndayane doit ainsi être pensé non pas comme une infrastructure isolée, mais comme un élément d’un système portuaire et logistique plus large, capable d’accompagner la croissance des échanges et de renforcer la compétitivité du pays.
Cette vision rejoint la volonté exprimée par la tutelle d’articuler les différentes composantes de l’économie maritime : infrastructures portuaires, transport maritime, pêche, transformation des produits halieutiques, aquaculture, logistique et services maritimes.
La ministre a toutefois appelé à regarder les difficultés du secteur avec lucidité. Elle a cité parmi les défis à traiter la gestion, les délais, la coordination entre les différents intervenants, l’occupation des espaces, la qualité des services, la sécurité des opérations et l’articulation entre les différents modes de transport. Pour chacun de ces problèmes, elle souhaite des réponses concrètes et mesurables.
Au-delà des infrastructures, Amy Mara Dièye a également insisté sur la dimension humaine de la transformation. La modernisation du système portuaire doit, selon elle, aller de pair avec celle des compétences et permettre de créer davantage de valeur pour l’économie nationale ainsi que de nouvelles opportunités pour les Sénégalais.
La ministre a enfin assuré la communauté portuaire de sa disponibilité et de son engagement à accompagner les mutations en cours. Elle entend notamment porter auprès des autorités compétentes les difficultés susceptibles de ralentir les projets et jouer un rôle d’interface pour faciliter leur résolution.
À travers cette démarche, le Port autonome de Dakar se retrouve au cœur d’une ambition plus large : faire de l’économie maritime un moteur de compétitivité, de création de valeur et d’intégration régionale. Dans cette stratégie, le PAD et le futur port de Ndayane sont appelés à fonctionner comme des composantes complémentaires d’un dispositif logistique destiné à renforcer la position du Sénégal dans les échanges africains et internationaux.
Sunuker News Desk
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