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Penvénan. Au Sénégal, les pailles en roseau de Fabien Le Lonquer remplacent le plastique

Originaire de Penvénan, Fabien Le Lonquer fait sa carrière depuis vingt ans au Sénégal. Il vient de se lancer dans la production de pailles en roseau pour les restaurants. 

Fabien Le Lonquer avec son équipe dans la campagne de Saly au Sénégal. ©DR

Quelques mètres carrés protégés du soleil par des bambous posés sur des montants en bois. L’atelier de production est rudimentaire, mais dessous une douzaine de personnes s’activent.

« Tout à la main »

À 5 kilomètres à l’intérieur des terres de la station balnéaire de Saly au Sénégal, le petit atelier de Tyf est en plein travail.

 » Ici tout se passe à l’extérieur », s’amuse un peu Fabien Le Lonquer en regardant l’ensemble et en bon Trégorrois d’origine. 

Sur place le travail est méticuleux, « tout à la main ». Au sol, des monceaux de paquets de Typha, ce roseau qui pousse dans le nord du pays. Une fois séchées, les tiges résistantes vont servir à réaliser des pailles pour la restauration.

« Autrefois en Bretagne, on utilisait même ça pour l’isolation »,

se souvient Fabien Le Lonquer qui n’a pas oublié ses racines trégorroises. Mais avant de siroter des cocktails, le travail est important : « Il faut les éplucher, les débiter, les racler à l’intérieur et les stériliser ». 

« J’ai tenté ma chance »

Un savoir-faire et un marché sur lequel vient de se lancer le Trégorrois. 

Un nouvel épisode dans sa vie déjà bien remplie au Sénégal. Âgé de 40 ans, c’est sur cette côte qu’il a choisi de s’installer il y a déjà un moment.

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En 2002, alors qu’il termine ses études de juriste,

 » j’ai eu envie de tenter ma chance à l’étranger, de tenter l’aventure pour développer des choses. Je m’y suis tout de suite senti bien. » 

« Tout va moins vite »

Vingt ans après il ne regrette rien : « Ce n’est pas le paradis perdu non plus c’est comme partout il y a des plus et des moins.  » L’homme avoue que ce qu’il aime sur place c’est la liberté, celle d’entreprendre notamment.

« Ici tout va moins vite quand même et tout est très humain. C’est pas la course à la réussite. » 

Entreprendre ça le connaît. Un gène familial même. 

Quand il débarque à Saly, la station balnéaire est synonyme de tourisme de masse. Avec notamment des résidents sur six mois de l’année. « C’était un peu la Côte d’Azur ». 

Les Vieilles Pirogues

La matière première pour fabriquer les pailles. ©DR

Le Trégorrois se lance alors dans l’animation. « On voulait dynamiser et avoir un contenu culturel en faisant découvrir des artistes au public à travers des concerts. » L’affaire a bien marché, s’étoffant d’année en année. « Entre 2013 et 2018, nous avons même monté un festival, Le festival des vieilles Pirogues. Je l’ai appelé comme ça en rapport avec les Vieilles Charrues. » Le Trégorrois a même été invité ensuite par l’équipe de Carhaix. 

Touré Kunda, Maria Siga et bien d’autres foulent la scène du festival :  » On a contribué à redorer l’image de Saly aussi. » 

Mais voilà, le Covid a eu raison des dernières éditions. 

« Il faut savoir rebondir »

Fabien Le Lonquer, fier de ses nouvelles productions.  ©DR

Parallèlement l’entrepreneur travaille pour une association « Média jeunesse ». Coordinateur logistique, il aide ainsi des jeunes avec pas mal de problèmes en France à venir se reconcentrer dans ce coin du Sénégal.  » Nous en accueillions tous les six mois. C’était un travail intense. » 

Mais là aussi la crise sanitaire a stoppé net le travail. Ici pas d’indemnité, ni de chômage,  » il faut rebondir vite. Naturellement j’ai toujours été multicarte et ici c’est indispensable. » 

Pendant le confinement, Fabien le Lonquer retrouve des amis qui avaient des plantations de typha dans le nord et un petit atelier. Il devient leur directeur logistique : « J’ai eu carte blanche avec ces deux associés pour développer ce secteur. Avec l’arrêt des pailles en plastiques dans les bars et restaurants, on s’est dit qu’il y avait un créneau. » 

Des pailles pour le Trégor

Un virage à 90° qui le passionne.

Depuis deux ans, Fabien Le Lonquer travaille le produit : « La matière première est bonne naturellement. Maintenant nous produisons des pailles de qualité et nous allons professionnaliser la production. »

Plusieurs établissements importants, même de Dakar, commencent à lui faire appel. Pour le clin d’œil lors de la visite de Trégorrois, il en a fait passer pour faire tester sur la côte de granit rose. D’une côte à l’autre, Fabien Le Lonquer a tissé un lien qu’il ne veut surtout pas rompre.

N'diawar Diop

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