Categories: MEDIAS/PRESSE

non exploitées : annonce salutaire, effets attendus

L’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (Artp) a entamé une procédure de retrait des fréquences assignées et non exploitées, sur l’ensemble du territoire national. Cette décision résulte d’un constat amer. En effet, elles sont nombreuses, les fréquences attribuées, sans pour autant être exploitées, ce qui s’inscrit en flagrante violation, des conditions du cahier de charge qui lient les demandeurs.

Alors que, les médias ont été conçus, à la base, pour remplir la mission de service d’intérêt public, ils sont de plus en plus considérés, comme de potentielles sources de revenus. Ce processus d’industrialisation ne laisse guère indifférents aux hommes d’affaires ou politiques à la recherche d’influence et de gain. Ces individus, souvent étrangers de la sphère médiatique déboursent d’énormes moyens, en vue de disposer d’un medium, exclusivement orienté à leurs intérêts. La mission éducative et d’information des médias est alors reléguée au second plan. Elle résiste difficilement aux lois de l’auditoire se cantonnant la plupart du temps aux exigences de résultats financiers. Les médias, espace public de diffusion de l’information, de discussion et de débats constructifs, cèdent dans ces cas, la place à la logique du business, démarche où l’information et l’éducation sont simplifiées à l’extrême, voire même banalisées.

Devant l’impossibilité de faire bénéfices, ces mêmes promoteurs décident, sans commune mesure, le plus simplement du monde, de ne plus émettre. La situation crée une floraison de fréquences, non exploitées, en parfaite violation avec les règles de cession de celles-ci. C’est donc fort de ce constat que le régulateur a décidé d’agir. Une approche certes salutaire, mais plusieurs fois annoncée, sans concrètement être suivi d’effet sur le terrain. C’est comme qui dirait une sorte d’arlésienne qu’entendent de loin les différentes personnalités qui se sont succédé à la tête de l’Artp. Or, au-delà des annonces, la mesure doit vigoureusement s’appliquer.

Les médias ne sont certainement pas responsables du désintérêt de plus en plus croissant manifesté par le public à l’égard des questions sociales et politiques de l’heure. Mais en se détournant de leur mission première: informer, éduquer et divertir, ils contribuent à renforcer cette tendance. Sorte de mythe positif, les médias, institutions reconnues sont censés jouer un rôle déterminant dans l’animation pluraliste, indépendante et équitable du débat public.

N'diawar Diop

Recent Posts

Matam et Ourossogui : La Fondation Nationale Sénégal Solidaire renforce le plateau technique néonatal

La région médicale de Matam a bénéficié d’un important appui sanitaire. Grâce à une initiative…

2 jours ago

Course internationale : Ce qu’il faut retenir des votes indicatifs de l’ONU concernant Macky Sall

Alors que la scène diplomatique internationale suit de près les différentes tractations au sein des…

2 jours ago

Visite des infrastructures à Kaolack : Le Ministère de la Jeunesse et des Sports accélère la cadence

Dans le cadre de sa tournée nationale d'inspection des infrastructures sportives et de jeunesse, Madame…

2 jours ago

Paix et Sécurité au Sénégal : L’Assemblée nationale plaide pour une budgétisation plus inclusive pour les femmes

Dans le prolongement des initiatives en faveur du genre, la Commission de la Défense et…

2 jours ago

Corridor Dakar-Bissau : Le COSEC en conclave à Saly pour doper la compétitivité et fluidifier les échanges

Pour booster les échanges commerciaux entre le Sénégal et la Guinée-Bissau, le Conseil sénégalais des…

2 jours ago

Tanière : Patrick Vieira dévoile sa première liste, l’heure du renouvellement a sonné pour les Lions

C'est le grand jour pour Patrick Vieira. Le nouveau sélectionneur national livre ce vendredi sa…

2 jours ago