J‘en ai vu se réjouir quand on a expulsé Kemi Seba du Sénégal. J‘en ai vu se réjouir quand on m‘a expulsée de Côte d‘Ivoire. J’en ai vu se délecter de la violation de nos droits. Quand on nous détient pendant des heures, sans manger, sans boire, sans pouvoir aller aux toilettes, sans contact avec l’extérieur, ils sont dans la joie. Quand on nous dénie l’accès à nos avocats, ils rigolent. Quand on nous arrache à nos familles, à nos amis, à notre travail, à notre terre, ils se marrent.
Et pourtant, nous n’avons pas pris les armes, ni braqué de banques, ni détourné d’argent, ni tué qui que ce soit. Lui, il a brûlé un billet de 5.000 fcfa. Moi, j’ai parlé pendant 7 minutes à Sochi. Cela a suffit de faire de nous les ennemis publics Nr. 1 de la Françafrique et des zélés lobotomisés qui applaudissent toutes les dérives de cette mafia.
Et pourtant, c‘est aussi pour eux, pour leurs enfants, pour ceux qui nous combattent aujourd’hui et se réjouissent de nos malheurs et du mal qui nous est fait, que nous luttons. Le chemin est rempli d’obstacles. Le prix à payer est lourd. Mais nous avançons quand même.
Ils finiront par comprendre. Un jour, s’ils ne nous ont pas assassinés avant, ils seront au garde-à-vous devant nous.
NATHALIE YAMB
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