Sunuker News Desk
Le procès sur les circonstances de la mort de Diego Maradona entre dans une phase décisive. En Argentine, le procureur Patricio Ferrari a requis des peines allant jusqu’à 12 ans de prison contre plusieurs membres de l’équipe médicale chargée de suivre la légende du football durant sa convalescence. L’accusation dénonce une prise en charge défaillante, marquée par une organisation chaotique et une situation d’abandon qui aurait laissé l’ancien numéro 10 argentin livré à lui-même.
Décédé le 25 novembre 2020 à l’âge de 60 ans, Diego Maradona avait été retrouvé sans vie dans son lit, dans une résidence située à Tigre, au nord de Buenos Aires, où il récupérait après une intervention neurochirurgicale. L’autopsie avait conclu à une crise cardiorespiratoire associée à un œdème pulmonaire. Depuis, les circonstances de sa prise en charge font l’objet d’une bataille judiciaire visant à déterminer si les professionnels responsables de ses soins ont commis des négligences ayant contribué à sa mort.
Au cours de ses réquisitions, le procureur Patricio Ferrari a distingué les responsabilités des sept personnes poursuivies. Il a réclamé les peines les plus lourdes contre trois professionnels de santé qu’il considère comme responsables d’un homicide avec dol éventuel, une qualification juridique qui suppose que les accusés aient envisagé le risque mortel de leur comportement et l’aient néanmoins accepté.
Le neurochirurgien Leopoldo Luque, âgé de 44 ans et considéré comme l’un des médecins les plus proches de Maradona à l’époque, est visé par la réquisition la plus sévère : 12 ans de prison, assortis d’une interdiction d’exercer la médecine pendant dix ans. Le ministère public lui attribue un rôle central dans les décisions prises autour de la prise en charge de l’ancien champion.
La coordinatrice médicale Nancy Forlini encourt, selon les réquisitions, dix ans d’emprisonnement. La psychiatre Agustina Cosachov, qui suivait également la star argentine et aurait participé aux décisions médicales, est visée par une peine de huit ans. À l’encontre de ces trois professionnels, le procureur a notamment dénoncé l’absence de mesures correctives alors que les risques encourus par le patient auraient été identifiés.
Trois autres membres de l’équipe médicale sont poursuivis sous une qualification moins sévère, celle d’homicide involontaire. Le procureur a demandé cinq ans de prison contre le psychologue Carlos Díaz, quatre ans contre le coordinateur infirmier Mariano Perroni et quatre ans contre l’infirmier Ricardo Almirón.
En revanche, aucune peine n’a été requise contre le médecin Pedro Di Spagna. Selon le procureur, les éléments présentés au procès ne permettent pas d’établir sa responsabilité pénale dans la mort de Maradona. Le praticien n’aurait rendu visite à l’ancien footballeur qu’une seule fois durant sa convalescence.
Au cœur de l’accusation se trouve la question de la qualité de la surveillance médicale dont bénéficiait l’ancien capitaine de l’Argentine. Pour le ministère public, la prise en charge aurait souffert de graves défaillances organisationnelles, alors même que l’état de santé de Maradona exigeait une attention particulière. L’accusation estime que les risques avaient été anticipés, mais qu’aucune réponse adaptée n’avait été apportée.
Ces réquisitions ne constituent toutefois pas une condamnation. Il appartient désormais au tribunal de San Isidro, dans la province de Buenos Aires, d’examiner les arguments de l’accusation et de la défense avant de rendre sa décision. Les audiences consacrées aux réquisitions et aux plaidoiries doivent se poursuivre sur environ deux semaines, le verdict devant être prononcé ultérieurement.
Plus de cinq ans après la disparition de Diego Maradona, cette procédure demeure un moment crucial pour sa famille, ses admirateurs et le monde du football. Figure majeure du sport mondial, champion du monde en 1986 et héros populaire en Argentine, Maradona laisse derrière lui un héritage immense, mais aussi de nombreuses interrogations sur les derniers jours de sa vie.
Au-delà des peines réclamées, le procès doit permettre de déterminer si les manquements dénoncés par l’accusation relèvent de simples erreurs médicales ou de comportements pénalement répréhensibles. Pour les proches de l’ancienne star, l’enjeu est aussi de faire toute la lumière sur les circonstances de sa mort et d’établir les responsabilités éventuelles de ceux qui étaient chargés de veiller sur lui.
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