Sunuker News Desk
L’Afrique du Sud est de nouveau confrontée à une flambée de violences xénophobes. Jeudi 8 octobre 2026, des affrontements opposant des groupes hostiles à l’immigration à des ressortissants étrangers ont éclaté à Soweto, près de Johannesburg, et à Durban, sur la côte est du pays. Des véhicules ont été incendiés, des commerces pris pour cible et plusieurs personnes interpellées, dans un climat de tension alimenté par la question migratoire et la saturation des services chargés des demandes d’asile.
À Soweto, au moins dix véhicules ont été incendiés, selon les informations communiquées par la police, qui n’a fait état d’aucun blessé dans les premiers bilans rapportés. Des petits commerces appartenant à des étrangers auraient également été visés par des militants antimigrants. Les événements ont donné lieu à des scènes de confrontation entre ressortissants sud-africains et étrangers, tandis que des coups de feu auraient été tirés en direction des manifestants, selon Xolani Fihla, porte-parole de la police métropolitaine de Johannesburg, cité par la chaîne publique SABC.
À Durban, la situation s’est également dégradée. Une intervention de manifestants contre une longue file de demandeurs d’asile aurait dégénéré après une agression présumée impliquant un ressortissant étranger. Selon la police provinciale, la colère du groupe a rapidement débouché sur des violences et l’incendie d’au moins quatorze véhicules. Trois ressortissants étrangers ont été arrêtés pour agression, d’après les autorités.
La réponse policière a été musclée. Les forces de l’ordre ont notamment utilisé des balles en caoutchouc pour disperser les manifestants. Des commerces ont été pillés ou vandalisés, une entreprise appartenant à des étrangers a été incendiée et un bâtiment municipal a également été touché par les flammes, selon des journalistes présents sur place et des responsables locaux. La police a été déployée en nombre dans le centre-ville afin de tenter de reprendre le contrôle de la situation.
La cheffe de la police par intérim, Puleng Dimpane, a assuré que les autorités poursuivraient les personnes impliquées dans les violences. Elle a rappelé que la liberté de manifester ne saurait justifier des actes criminels, alors que les tensions menacent une nouvelle fois la sécurité des populations étrangères installées dans le pays.
Derrière ces affrontements se trouve une crise migratoire ancienne, aggravée par les difficultés économiques, le chômage élevé et la concurrence ressentie autour de l’accès à l’emploi et aux services publics. Depuis plusieurs mois, des groupes antimigrants multiplient les actions contre les personnes étrangères, en particulier celles qu’ils accusent de séjourner illégalement en Afrique du Sud. Des ressortissants africains vivant et travaillant dans le pays se retrouvent ainsi exposés à des intimidations, à des destructions de biens et à des agressions.
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