À la veille du huitième de finale crucial contre la Belgique à Seattle, le sélectionneur des Lions de la Teranga, Pape Thiaw, et le défenseur Mamadou Sarr se sont présentés face aux médias. Malgré un premier tour laborieux, le mot d’ordre est clair : la révolte doit se poursuivre pour espérer continuer l’aventure.
Après une phase de groupes particulièrement éprouvante, marquée par deux revers initiaux contre des équipes européennes (la Norvège et la France) et un sursaut salvateur face à l’Irak, le Sénégal aborde la phase à élimination directe dans la peau d’un miraculé, qualifié parmi les meilleurs troisièmes. Mais pour le sélectionneur Pape Thiaw (appelé affectueusement Coach Pabciao par ses proches), le passé n’a plus d’importance. Demain, face aux Diables Rouges de la Belgique, premiers de leur groupe et invaincus depuis 16 rencontres, c’est une toute nouvelle compétition qui démarre.
Interrogé sur le sursaut d’orgueil demandé à ses joueurs avant le match contre l’Irak, Pape Thiaw a confirmé que l’état d’esprit restait inchangé :
« C’est le même mot d’ordre. Dans ces matchs à élimination directe, soit on gagne et on reste, soit on perd et on rentre à la maison. Et nous, on a envie de continuer. »
Reconnaissant les qualités de la Belgique, une « grande nation de football » qui s’est récemment illustrée en balayant la Nouvelle-Zélande (5-1), le technicien sénégalais assure que son groupe a tiré les leçons du premier tour. « Nous avons visionné nos erreurs commises face aux équipes européennes. À ce niveau, ça se joue sur des détails. Il faudra faire moins d’erreurs, être plus justes techniquement et costauds défensivement. » Il faut dire qu’encaisser 6 buts en deux matchs a donné matière à réflexion au staff sénégalais, qui compte s’appuyer sur sa force offensive tout en verrouillant l’arrière-garde.
Le point noir de la préparation reste l’absence du gardien de but Édouard Mendy, blessé lors du match contre la Norvège. Reparti temporairement dans son club pour des examens, il doit rejoindre le groupe à Seattle, mais ne sera pas apte à jouer. Une absence qui ne semble pas déstabiliser le coach, qui a salué la récente prestation de son remplaçant, Maury, auteur d’un clean sheet rassurant face à l’Irak.
« Je suis venu dans cette Coupe du Monde avec 26 titulaires. Tous les joueurs sont prêts, aptes et déterminés », a martelé Thiaw, qui se dit également prêt à faire face à une éventuelle prolongation ou à une séance de tirs au but.
À ses côtés, le jeune défenseur Mamadou Sarr, fils de l’ancien international de la génération 2002 Pape Sarr, piaffe d’impatience. Passé par Molenbeek en Belgique durant sa formation, il affirme avoir « des fourmis dans les jambes », tout en respectant scrupuleusement les choix du sélectionneur.
Pape Thiaw a également profité de cette tribune pour saluer la performance historique du football africain dans ce tournoi élargi, avec 9 représentants sur 10 qualifiés pour le second tour, dont la RD Congo. Pour lui, la présence de techniciens locaux sur les bancs africains prouve la qualité de la formation sur le continent : « On a la ressource humaine, de bons joueurs, et on n’a plus à envier personne. »
Le décor est planté. Sous la fraîcheur idéale de Seattle, le Sénégal s’apprête à défier les coéquipiers de Kevin De Bruyne et Romelu Lukaku avec l’espoir de faire vibrer tout un peuple et de prolonger le séjour des supporters et journalistes sénégalais sur le sol américain.
Auteur : sunuker.net
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