Le Sénégal nourrit l’ambition de parvenir à l’élimination du paludisme à l’horizon 2030. Si les indicateurs sanitaires témoignent d’une amélioration notable, la question du financement demeure un obstacle majeur. Pour combler ce déficit, les collectivités territoriales sont désormais appelées à jouer un rôle plus important, notamment à travers la coopération entre élus sénégalais et français.
Le chantier est considérable. Le Plan stratégique national d’élimination du paludisme pour la période 2026-2030 est estimé à près de 150 milliards de francs CFA. Selon les responsables du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), 97 % des ressources nécessaires restent à mobiliser. Le financement de cette stratégie représente donc l’un des principaux enjeux des prochaines années.
Pourtant, les efforts engagés depuis plusieurs décennies ont permis au pays d’enregistrer des avancées importantes. D’après les données communiquées par le PNLP, la proportion du paludisme dans l’ensemble des maladies est passée de 35 % en 2000 à environ 1,4 % aujourd’hui. En 2025, l’incidence était estimée à près de 13 cas pour 1 000 habitants, contre 23 cas l’année précédente. Le nombre de décès a également diminué, passant de 314 en 2024 à environ 155 en 2025.
Autre indicateur encourageant : 73 des 79 districts sanitaires du pays, soit près de 92 %, sont désormais classés en phase de pré-élimination. Des disparités demeurent toutefois, particulièrement dans certaines zones de Kédougou, Kolda et Tambacounda, où la transmission reste plus importante.
Les collectivités territoriales appelées à renforcer leur engagement
C’est dans ce contexte que l’Association des élus locaux contre le paludisme (ELCP) et l’Association des maires du Sénégal (AMS) entendent renforcer leur collaboration. À l’occasion des Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026, les deux organisations ont annoncé une initiative visant à fédérer les maires sénégalais autour de la lutte contre la maladie et à développer des actions communes avec leurs homologues français.
Pour le président de l’AMS, Oumar Ba, cette dynamique doit permettre de donner une orientation plus concrète à la coopération décentralisée. L’objectif est notamment de favoriser le partage d’expériences entre collectivités, de rapprocher les élus des autorités sanitaires et de faire de la lutte contre le paludisme une priorité dans les politiques locales.
Du côté de l’ELCP, son président Mams Yaffa, adjoint au maire de Paris, défend une mobilisation fondée sur la solidarité et l’engagement des élus. L’association, créée en 2023, entend notamment soutenir la prévention, la sensibilisation et le financement des initiatives contre le paludisme, en s’appuyant sur les collectivités territoriales et les réseaux de solidarité.
Nia Bali, maire de L’Île-Saint-Denis et membre de cette organisation, s’inscrit également dans cette démarche, avec une attention particulière portée aux territoires sénégalais auxquels il reste attaché.
La prévention commence aussi dans les communes
Au-delà des engagements institutionnels, les collectivités locales disposent de leviers d’action importants. L’assainissement des quartiers, la réduction des eaux stagnantes, la sensibilisation des habitants et l’accompagnement des campagnes de prévention constituent autant de domaines dans lesquels les mairies peuvent intervenir en complément des services de santé.
Cette implication territoriale apparaît d’autant plus nécessaire que le Sénégal doit adapter sa stratégie aux réalités locales. Dans les zones où la transmission demeure élevée, la surveillance épidémiologique, le dépistage rapide et la prise en charge des personnes infectées restent indispensables.
Le financement du plan constitue également un enjeu de souveraineté sanitaire. Lors d’une table ronde organisée en juin 2026, les autorités sanitaires et leurs partenaires avaient déjà appelé le secteur privé à contribuer davantage à l’effort national. L’ambition affichée était notamment de mobiliser près de 20 % des ressources nécessaires auprès des entreprises et d’autres partenaires.
À quatre ans de l’échéance de 2030, le Sénégal doit donc transformer ses acquis en résultats durables. La mobilisation des élus locaux, des entreprises, des communautés et des partenaires internationaux pourrait contribuer à combler le déficit financier et à renforcer les actions de terrain. Mais l’objectif zéro paludisme dépendra surtout de la capacité à garantir des ressources suffisantes et régulières pour poursuivre les interventions jusqu’au dernier foyer de transmission.
La Rédaction de Sunuker.net
Sénégal : Amath Suzanne Camara dans le viseur de la cybersécurité après un appel présumé…
JOJ Dakar 2026 : Ousmane Sonko annonce des primes pour les athlètes sénégalais et promet…
Camp pénal de Liberté 6 : Boy Djiné accuse trois agents de violences et dénonce…
Sénégal : fini les convocations mystérieuses, Moussa Sarr impose de nouvelles règles à la police…
Keur Massar : le frère d’Aziz Dabala parmi six personnes arrêtées dans une affaire présumée…
CPI : le Sénégal soutient la Cour pénale internationale à l’ONU, le Mali et le…