Louga face à une inquiétante série noire sur ses routes. Entre janvier et juin 2026, la région a enregistré 1 068 accidents de la circulation, ayant entraîné 41 décès, selon les chiffres communiqués par l’Agence nationale de sécurité routière (ANASER). Un bilan qui relance le débat sur les comportements des usagers, l’état des infrastructures et le contrôle des véhicules.
Les statistiques ont été dévoilées mardi 29 septembre par Latyr Mané, directeur du développement et de la coopération de l’ANASER, à l’occasion d’une opération de sensibilisation menée conjointement avec la Gendarmerie sur plusieurs axes routiers de la région.
Dans le détail, 381 accidents ont été enregistrés dans les zones relevant de la Police, contre 687 dans le secteur de compétence de la Gendarmerie. Cette dernière catégorie concerne notamment une grande partie des axes interurbains et ruraux de la région. Sur les six premiers mois de l’année, le bilan humain s’élève ainsi à 41 morts.
Pour les autorités chargées de la sécurité routière, ces chiffres justifient un renforcement des opérations de prévention et de contrôle. L’ANASER et la Gendarmerie ont notamment investi les axes Louga-Kébémer, Louga-Sakal et Louga-Dahra, avec une opération de contrôle mixte destinée à rappeler aux conducteurs les règles essentielles de prudence.
Au total, 275 véhicules ont été contrôlés et 115 infractions constatées. Les manquements relevés concernent principalement les excès de vitesse et les dépassements dangereux, deux comportements particulièrement susceptibles d’aggraver les conséquences d’une collision.
Pour Latyr Mané, le facteur humain occupe une place centrale dans l’explication des accidents. Le responsable de l’ANASER rappelle toutefois que la sécurité routière repose sur trois composantes : l’infrastructure, le véhicule et le comportement de l’usager. Selon lui, des efforts ont déjà été réalisés sur le réseau routier, notamment sur la RN2, avec le renforcement de la signalisation verticale et horizontale. L’enjeu consiste désormais à obtenir une évolution durable des comportements au volant.
La sensibilisation ne s’est pas limitée aux automobilistes. Les équipes de l’ANASER se sont également rendues à la gare routière de Louga pour échanger avec les transporteurs et les conducteurs de motos « Jakarta ». Les discussions ont porté sur le respect du Code de la route et sur l’utilisation des équipements de sécurité, notamment le casque pour les motocyclistes, la ceinture de sécurité et le gilet de visibilité.
Cette mobilisation intervient alors que plusieurs accidents graves ont marqué la région au cours de l’année. En février, trois personnes avaient notamment perdu la vie dans un carambolage impliquant trois véhicules sur l’axe Louga-Saint-Louis, à hauteur de Khambala. En mai, une collision frontale entre un minicar et un véhicule particulier près de Kébémer avait également fait deux morts et plusieurs blessés, dont cinq grièvement.
Plus récemment, le 15 septembre, un minibus « Cheikhou Chérifou » avait fait quatre morts et sept blessés après avoir dérapé et s’être renversé sur la route nationale, à hauteur de Louga. Une enquête avait été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes du drame.
La question de la sécurisation des traversées urbaines et villageoises demeure également sensible. En juillet, la mort d’une fillette de sept ans, percutée par un véhicule de transport à Keur Ibra Marame, avait provoqué une mobilisation des habitants. Ces derniers réclamaient notamment l’installation de ralentisseurs afin de réduire la vitesse des véhicules au niveau de la localité.
Le bilan présenté par l’ANASER doit toutefois être replacé dans le contexte plus large de la sécurité routière au Sénégal. En août 2026, l’agence avait annoncé une baisse de 51,3 % du nombre d’accidents enregistrés dans les régions de Louga et de Diourbel dans le cadre d’une évaluation portant sur une période donnée, passant de 679 à 329 cas. Les statistiques varient donc selon les périodes et les périmètres retenus, ce qui impose de ne pas comparer directement des séries qui ne portent pas sur les mêmes périodes ou zones.
À Louga, le message des autorités reste néanmoins clair : l’amélioration des routes et des équipements ne peut produire tous ses effets sans une discipline accrue des usagers. Respect des limitations de vitesse, prudence lors des dépassements, port systématique des équipements de protection et contrôle régulier des véhicules constituent autant de leviers pour réduire le nombre de drames.
Avec 1 068 accidents et 41 décès en seulement six mois, la région est confrontée à un lourd défi de sécurité routière. Pour l’ANASER, l’objectif est désormais de transformer les opérations ponctuelles de contrôle et de sensibilisation en changements durables dans les comportements des conducteurs et des autres usagers de la route.
Sunuker News Desk

















































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