SOCIETE / FAITS DIVERS

Litige foncier à Kaolack : Les habitants de Sing Sing dans la rue pour dénoncer une « gestion nébuleuse »

La question foncière continue de cristalliser les tensions à travers le pays. À Kaolack, ce sont les populations impactées par le nouveau projet de lotissement du quartier Sing Sing qui sont montées au créneau. Lors d’une grande marche pacifique organisée récemment, les riverains ont fustigé l’opacité et l’absence totale d’inclusion dans la gestion de leurs terres.

C’est un cortège déterminé qui s’est ébranlé depuis l’école primaire Mboutou Sow pour converger vers les artères du centre-ville de Kaolack. Les pancartes et les slogans scandaient un même ras-le-bol : celui de citoyens qui se sentent spoliés et ignorés par leurs élus locaux. À la tête de cette fronde, Élisabeth Bassen, présidente et porte-parole du Collectif des victimes de Sing Sing, a tenu à faire entendre la voix de ces familles désemparées.

Un dialogue de sourds avec la municipalité

Au cœur du problème figure une rupture totale de communication avec la mairie. Comme c’est malheureusement souvent le cas dans les contentieux fonciers au Sénégal, les habitants dénoncent une administration sourde à leurs doléances. Selon Mme Bassen, de nombreuses demandes d’audience ont été déposées sur la table des autorités municipales, toutes restées lettre morte pendant des mois.

Face à ce mépris perçu, l’unique proposition avancée par les autorités a mis le feu aux poudres : une prime de relogement plafonnée à 500 000 FCFA. Une enveloppe jugée dérisoire, voire « insultante », par les populations locales, qui estiment qu’elle ne couvre en rien la valeur de leurs biens ni le préjudice moral et matériel subi par ce déguerpissement forcé.

Appel à l’intervention de l’État central

Mais le Collectif des victimes de Sing Sing ne compte pas s’arrêter à la question de l’indemnisation. Les manifestants dénoncent également une rétention suspecte des actes administratifs liés à ce lotissement, les empêchant de défendre valablement leurs droits.

Face à cette impasse au niveau local, les riverains en appellent désormais à l’arbitrage des plus hautes autorités de la République. Ils réclament l’application stricte des lois régissant la régularisation des habitats dits « spontanés », un chantier majeur de l’État sénégalais pour moderniser l’urbanisme tout en protégeant les couches vulnérables.

Pour Élisabeth Bassen, ce combat est devenu le symbole d’une quête d’équité : « L’enjeu transcende la simple question de la terre. C’est la survie de notre avenir et notre foi en la justice sénégalaise qui sont en jeu », a-t-elle martelé.

Un dossier brûlant de plus sur la table des autorités, qui rappelle l’urgence de réformer la gouvernance foncière au Sénégal pour éviter que ces bombes à retardement sociales n’explosent.


La Rédaction | Sunuker.net

Ely Birahim Ka

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