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L’Hélicoptère de Tamba : Entre génie solitaire et méchanceté collective

Au Sénégal, l’innovation est un mot qu’on adore épingler sur la porte des ministères, mais qu’on pratique très peu dans la vraie vie. L’affaire de l’hélicoptère de Sow, à Tambacounda, dit quelque chose de simple. Ici, on préfère suivre que tenter.

Regardez autour de vous. Dès qu’une vendeuse de « savon », pour ne pas citer Mame Ndiaye, prospère, dix autres ouvrent sur le même trottoir le lendemain. Un multiservice marche ? Tout le quartier s’improvise expert en transfert d’argent. On attend que l’autre prenne les risques, teste, ajuste, et on arrive après. Même recette, même idée.

Tek tek.

Nous sommes devenus les champions du monde du mimétisme, une nation de clonneurs qui attend que le voisin allume la lumière pour voir où se trouve l’interrupteur.

Et c’est là que le cas de Sow devient intéressant. Voilà un homme qui, avec des tôles de récup et une imagination fertile, tente quelque chose. Est-ce que ça vole ? Est-ce que ça tient ? Rien n’est sûr. Mais au moins, il ne copie pas. Il essaie. Il brise le cycle de la paresse intellectuelle qui nous paralyse. Scroll, scroll, scroll.

L’innovation chez nous, c’est pour les colloques dans les hôtels cinq étoiles de Dakar, et non pour les ateliers poussiéreux de l’intérieur du pays.

On préfère douter que tester. Si Sow était ailleurs, il décrocherait un stage pour avoir le savoir-faire de la conception d’un avion puisque la passion est déjà là. Ici, on attend surtout de voir si ça va échouer pour pouvoir dire avec gourmandise : « Je vous l’avais bien dit». Xamone naako! C’est le comble de la paresse. Ne rien faire, et critiquer avec mépris ceux qui osent poser une brique, ou une hélice, de travers.

La Rupture, la vraie, ce ne serait pas seulement de changer les hommes, mais de changer ce réflexe national qui consiste à toujours copier.

Mettez des ingénieurs au service de l’audace. Car si on continue de copier ce que les autres inventent, on finira par être un pays en « télétravail » permanent, spectateur passif de sa propre stagnation. Il est temps de passer du copier-coller à la création originale. Même si ça doit faire un peu de bruit et beaucoup de poussière.

Auteur: Par Betu Wurus
Publié le: Jeudi 16 Avril 2026
N'diawar Diop

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