FILE - In this Monday May 30, 2016 file photo, Chad's former dictator Hissene Habre raises his hand during court proceedings in Dakar, Senegal. An appeals court in Senegal has upheld the life sentence for former Chad dictator Hissene Habre on war crimes charges. The court also ruled Thursday April 27, 2017 on an appeal by the more than 4,000 victims that a trust fund be set up to manage reparations awarded to them. Habre has been ordered to pay millions of dollars in compensation. (AP Photo/Carley Petesch, File)
Pendant que le juge d’application des peines examine la demande des avocats de Hissène Habré pour une autorisation de sortie de prison de six mois, quatre rapporteurs des Nations-Unies ont rappelé au Sénégal leurs « plus graves préoccupations », quant a une éventuelle sortie de l’ex-dictateur du Tchad.
Contre une libération
Dans leur lettre au gouvernement du Sénégal, les Rapporteurs sur la promotion de la vérité, de la justice, de la réparation et des garanties de non-répétition, sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, sur le droit à la santé et sur la torture avaient exprimé : “Nos plus graves préoccupations quant à la libération temporaire de l’ancien président du Tchad, dans le contexte de la pandémie Covid-19, sans justification apparente de santé publique, en violation des normes internationales concernant la responsabilité des violations flagrantes des droits de l’homme. Nous soulignons que le maintien en détention de M. Habré est essentiel pour lui permettre de répondre à des graves crimes qu’il a commis et pour garantir l’accès des victimes à la justice et à la réparation, tout en assurant l’intégrité physique du détenu“, motivent-ils, dans leur lettre.
Des risques de contaminations
Mes Ibrahima Diawara et François Serres ont motivé leur demande par l’état de santé de leur client, qui serait “préoccupant”. Entre autres arguments, ils ont souligné que l’ancien chef de l’État tchadien, “en raison de son âge et du temps froid qu’il fait dans son lieu de détention et de l’humidité, enchaîne grippe, rhume et angine. Cette situation met en exergue des risques patents qui s’il se voyait contaminé (par la Covid-19), comporteraient des risques considérables sur sa vie.”
Rappel
En juin 2020, l’ancien président tchadien condamné en appel à la prison à perpétuité en 2017, était retourné en prison, à Dakar, après l’expiration de son autorisation de sortie de soixante jours, délivré en raison de la pandémie de Covid-19.
“Les gens devraient plutôt se poser la question de savoir : est-ce que les victimes sont indemnisées depuis le procès ? On ne parle pas des victimes mais lorsque Habré a un rhume ou un malaise, on crie sur tous les toits”, a fini de lancer aux médias du Tchad, le président de l’Association des victimes des crimes et répressions d’Hissein Habré, Clément Abaïfouta.
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