Des milliers de corps livrés à la pourriture ont été découverts au sein de la prestigieuse faculté de médecine. D’autres auraient été vendus à des entreprises privées.
C’est un véritable charnier qui a été découvert à Paris-Descartes. D’après une enquête de L’Express, des milliers de corps se sont entassés pendant « des décennies » dans le Centre du don des corps (CDC) de la prestigieuse faculté de médecine. Certains ont même été vendus à des entreprises privées.
En raison de la vétusté des lieux (chambres froides non hermétiques, absence de ventilation, pannes à répétition…), ces corps « démembrés » étaient livrés à la pourriture, dévorés par les vers et les rongeurs. L’alerte a été donnée fin 2016 par le Professeur Richard Douard, président du CDC de 2014 à 2017, qui a envoyé un document de 27 pages, photographies à l’appui, à Frédéric Dardel, président de Paris-Descartes et aujourd’hui conseiller de la ministre de la recherche Frédérique Vidal. Face à « l’inertie des pouvoirs publics », Richard Douard a démissionné en octobre 2017, tout comme Xavier de Bonnaventure, chargé d’enseignement en droit public et alors membre du comité d’éthique du CDC et le Professeur Brigitte Mauroy, urologue à Lille et présidente du dit comité. Après ces départs en cascade, des travaux de rénovation de 8 millions d’euros sont votés. Seulement, ils ne seront effectifs qu’au premier trimestre 2020. Entre temps, un « grand nettoyage » a eu lieu avec des incinérations massives de corps qui n’auront alors jamais servi à la science.
Pire encore, des corps ou des « pièces anatomiques » (membres ou organes) ont été monnayés, en violation de toutes les règles d’éthiques, à des entreprises privées, des industriels ou des laboratoires. Un ancien directeur de CDC évoque même un « trafic » auprès de chirurgiens désireux de faire des recherches, selon L’Express. Un corps entier pouvait ainsi être vendu 900 euros, un membre 400 euros. Une tarification très particulière… votée en 2011 par le conseil d’administration de l’université. Ainsi, selon un audit du cabinet KPMG, les organismes privés auraient contribué à 75% du chiffre d’affaire du CDC en 2013. Les chirurgiens et professeurs d’université parisiens, désireux d’élaborer des recherches, devaient également payer pour avoir accès aux corps et certains pouvaient repartir chez eux avec des « pièces anatomiques » dans leur sac. Scandalisé par ces révélations, un syndicat de médecins, l’Union française pour une médecine libre (UFML), a annoncé son intention de porter plainte, selon franceinfo.
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