Avec notre correspondante à Johannesburg, Claire Bargelès
Même si, sur le court terme, l’idée de créer une monnaie commune a pris du plomb dans l’aile du fait de la complexité de sa mise en place, la volonté de trouver une alternative au billet vert reste, elle, bien vivace.
Et les pays des Brics souhaitent s’en rapprocher à travers l’augmentation des échanges dans les monnaies locales des membres. Selon Vladimir Poutine, très intéressé par le projet en raison des sanctions financières qui touchent Moscou, « les objectifs et le processus irréversible de dédollarisation de notre économie avancent ».
Certains pays échangent en effet déjà dans leur monnaie respective, à commencer par la Chine, largement passée au yuan depuis le début de l’année pour régler ses achats de matières premières auprès de la Russie. Le Brésil entend prendre le même chemin.
Le fait que les nouveaux membres du club, Riyad, Téhéran et Abou Dhabi se classent parmi le top 10 des réserves mondiales de pétrole pourrait également permettre de renverser le règne des pétrodollars.
Les ministres des Finances et les directeurs des banques centrales ont reçu la tâche d’étudier davantage la question, et de présenter leurs résultats lors du prochain sommet, prévu en octobre 2024, en Russie.
Rapport de force
Ainsi, « les Occidentaux sont laissés de côté », selon Julien Vercueil, professeur d’économie et vice-président de l’Inalco. Et « c’est cela, surtout, que voulait montrer la Chine du point de vue géopolitique. C’est qu’elle est capable de susciter des événements qui sont de nature internationale dans lesquels les pays occidentaux n’ont aucune part », explique-t-il.
NewsletterRecevez toute l’actualité internationale directement dans votre boite mail