Abdou Latif D. et Ousmane S. étaient liés par une relation d’affaires. Depuis cinq ans, le premier nommé était chargé de distribuer les téléphones portables de son collaborateur et de reverser les produits de la vente chaque semaine. Dernièrement, Ousmane S. a constaté que son employé avait eu beaucoup de manquants. Ainsi, il a décidé de faire un inventaire, avant de se séparer de lui. C’est dans ces circonstances qu’Abdou Latif D. a déclaré à sa victime que l’appartement qui lui servait de dépôt a été visité par des cambrioleurs qui ont emporté 31,8 millions francs. Mais, Ousmane S. avait du mal à croire à cette version. Il a immédiatement porté plainte pour abus de confiance. Arrêté, puis écroué le 3 novembre dernier, Abdou Latif D. a été présenté hier, au juge du tribunal des flagrants délits de Dakar. Marié et père de deux enfants, l’homme de 32 ans a soutenu mordicus avoir été victime d’un braquage. « J’ai reçu les 31 millions francs durant le week-end. Je devais les verser dans le compte de la partie civile le lundi. Entre-temps, des malfaiteurs se sont invités dans l’appartement, avant de s’emparer de l’argent qui se trouvait dans un coffre. Après ma plainte, les enquêteurs se sont déportés sur les lieux pour procéder aux constatations d’usage », a confié le commerçant qui a reconnu devoir un autre montant de 35 millions francs à son employeur. « Je n’ai pas encore recouvré ces fonds », a-t-il précisé. Cependant, le prévenu a fait une proposition de paiement. « Mon épouse est prête à mettre sur la table 5 millions francs en guise d’acompte. Après mon élargissement, je peux payer le reliquat dans un délai de 18 mois. J’avais même fait un prêt de 25 millions francs pour éponger une partie de la dette », fait-il savoir.
De son côté, Ousmane S. a affirmé que le prévenu faisait de la surfacturation. « J’ai aussi découvert que certains clients ne lui devaient rien. Lors de la perquisition à son domicile, les enquêteurs ont saisi 200 et quelques téléphones et 4 millions francs », a révélé la partie civile qui a évalué son préjudice à 70 millions 302 mille francs. « Je suis acculé par mes fournisseurs et les banques. Je veux qu’il ne rembourse l’intégralité du préjudice », a lâché le plaignant.
Le parquet a, pour sa part, requis un an ferme. Car, dit-il, aucun élément de la procédure ne prouve qu’il y a eu vol. Pour la défense, il y a eu bel et bien un fait justicatif. « Une plainte a été déposée et les enquêteurs se sont rendus sur les lieux. Il n’y avait plus de confiance c’est pourquoi la partie civile a porté plainte », a fait observer Me Lô qui a plaidé la relaxe au bénéfice du doute. Persuadé de la culpabilité du prévenu, le juge a prononcé une peine ferme d’un an. Pour la réparation du préjudice, Abdou Latif D. doit débourser 70 millions francs.
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