Alors que la planète football a le regard tourné vers les préparatifs du Mondial 2026, l’histoire de la Coupe du monde regorge d’anecdotes légendaires. Parmi elles, celle du milieu de terrain serbe Dejan Stanković demeure un cas absolument unique : il est le seul homme à avoir foulé les pelouses de la plus prestigieuse des compétitions sous les couleurs de trois sélections différentes, sans jamais changer de nationalité.
Surnommé « Le Dragon » durant ses grandes années en Italie, l’ancien métronome de la Lazio Rome et de l’Inter Milan (avec qui il a réalisé le triplé historique en 2010) a vu sa carrière internationale intimement liée aux secousses politiques qui ont redessiné la carte de l’Europe de l’Est. Né à Belgrade, Stanković n’a jamais renié ses racines, mais a vu son pays changer de nom et de frontières à trois reprises au cours de sa carrière.
C’est à l’âge de 19 ans seulement, juste avant de quitter l’Étoile rouge de Belgrade pour la Lazio, que le jeune prodige dispute sa toute première Coupe du monde en France sous le maillot de la Yougoslavie (alors réduite à la Serbie et au Monténégro).
Titulaire lors des trois matchs de poule, il participe activement à la qualification de son équipe pour le second tour. Cependant, l’aventure s’arrête brutalement en huitièmes de finale face aux Pays-Bas (2-1), un match qu’il suivra depuis le banc de touche.
Huit ans plus tard, la donne géopolitique a muté et l’entité yougoslave s’est dissoute pour laisser place à la fédération de Serbie-et-Monténégro. Devenu l’un des meilleurs milieux de terrain de la Serie A, Stanković débarque en Allemagne en 2006 avec un statut de cadre indiscutable.
Pourtant, l’expérience vire au cauchemar collectif. Placée dans le redoutable « groupe de la mort », la sélection subit trois défaites consécutives (notamment une lourde gifle 6-0 contre l’Argentine) et quitte la compétition par la petite porte, dernière de son groupe avec dix buts encaissés.
Le paroxysme de cette anomalie historique survient en 2010. Un mois avant le tournoi, un référendum acte la séparation définitive du bloc, faisant de la Serbie un État souverain. C’est donc avec le maillot frappé de l’aigle blanc et le brassard de capitaine vissé au bras que le numéro 10 guide la sélection serbe en Afrique du Sud.
Bien que la Serbie s’offre une victoire de prestige face à l’Allemagne (1-0), les revers contre le Ghana et l’Australie scellent une nouvelle élimination précoce dès la phase de groupes.
Au-delà de son incroyable record de longévité (103 sélections au total), Dejan Stanković partage une autre statistique curieuse, presque ironique : malgré ses trois participations au tournoi mondial pour trois pays distincts, il n’aura jamais réussi à remporter le moindre match à élimination directe en Coupe du monde. Une trajectoire hors norme qui rappelle à quel point l’histoire du football s’écrit parfois au rythme de la grande Histoire.
La Rédaction : sunuker.net
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