Categories: INTERNATIONAL

Incendies : l’Amazonie paie la politique de Bolsonaro

Près de 74 000 foyers ont été recensés depuis janvier au Brésil, en hausse de 84 % par rapport à 2018.

Depuis le matin de ce lundi 19 août, le ciel avait pris une teinte jaunâtre inhabituelle à Sao Paulo. Il était à peine un peu plus de 15 heures lorsque la plus grande ville du Brésil et ses environs ont basculé dans l’obscurité. « Un 19 août aux airs de 11 septembre », s’alarmait sur Twitter Mauro Paulino, le directeur de l’institut de sondage Datafolha. « Mais je délire sûrement ! », ironisait-il encore, face à l’indifférence des médias. Ce jour-là, même la garoa, le crachin caractéristique de la ville, n’était plus la même : l’eau de pluie était de couleur noire. L’analyse d’échantillons a conclu à la présence de particules typiques de la combustion de matières végétales.

Alors que tous les regards se tournent vers l’Amazonie en flammes, Ricardo Salles, le ministre de l’environnement de Jair Bolsonaro (extrême droite), crie au « sensationnalisme ». Les satellites de la NASA sont pourtant formels. Une couche de fumée venue de la forêt amazonienne, ainsi que de pays voisins comme la Bolivie – où 470 000 hectares sont partis en fumée en quelques jours dans la Chiquitania, une zone du département de Santa Cruz de la Sierra –, s’est bien posée sur les Etats de Sao Paulo, mais aussi du Mato Grosso do Sul et du Parana (sud), à la faveur du passage d’un front d’air froid, décrypte Joselia Pegorim, météorologiste au Climatempo, un service météo privé.

Même l’Institut national de météorologie, lié au ministère de l’agriculture, a fini par reconnaître l’impact des queimadas, les incendies de forêt, sur les conditions atmosphériques de la mégapole brésilienne. « Le gouvernement a cependant essayé d’imputer l’essentiel du phénomène aux incendies en Bolivie et au Paraguay, observe Pedro Côrtes, professeur à l’institut d’énergie et d’environnement de l’université de Sao Paulo. Or, l’observation par satellite montre que les feux en Amazonie et dans le cerrado, la savane limitrophe de la forêt,sont en nombre beaucoup plus élevé. » Le ciel et les pluies chargés de suie qui ont médusé Sao Paulo sont le lot quotidien de ce Brésil « invisible ». Il aura fallu qu’il fasse quasiment nuit en plein jour dans la capitale économique

lemonde.fr

N'diawar Diop

Recent Posts

Matam et Ourossogui : La Fondation Nationale Sénégal Solidaire renforce le plateau technique néonatal

La région médicale de Matam a bénéficié d’un important appui sanitaire. Grâce à une initiative…

2 jours ago

Course internationale : Ce qu’il faut retenir des votes indicatifs de l’ONU concernant Macky Sall

Alors que la scène diplomatique internationale suit de près les différentes tractations au sein des…

2 jours ago

Visite des infrastructures à Kaolack : Le Ministère de la Jeunesse et des Sports accélère la cadence

Dans le cadre de sa tournée nationale d'inspection des infrastructures sportives et de jeunesse, Madame…

2 jours ago

Paix et Sécurité au Sénégal : L’Assemblée nationale plaide pour une budgétisation plus inclusive pour les femmes

Dans le prolongement des initiatives en faveur du genre, la Commission de la Défense et…

2 jours ago

Corridor Dakar-Bissau : Le COSEC en conclave à Saly pour doper la compétitivité et fluidifier les échanges

Pour booster les échanges commerciaux entre le Sénégal et la Guinée-Bissau, le Conseil sénégalais des…

2 jours ago

Tanière : Patrick Vieira dévoile sa première liste, l’heure du renouvellement a sonné pour les Lions

C'est le grand jour pour Patrick Vieira. Le nouveau sélectionneur national livre ce vendredi sa…

2 jours ago