En pleine progression économique, l’Afrique développe actuellement son secteur financier. Mais cela fragilise les exportations de l’Hexagone, qui développe de nouveaux investissements pour conserver sa relation particulière avec le continent.
Avec une population à la fois jeune et très dynamique, l’Afrique a su développer ses exportations ces dernières années. Selon les Nations Unies, la valeur totale des exportations de l’Afrique vers le reste du monde dépasse maintenant 760 milliards de dollars. Sans compter les échanges intra-africains, qui permettent de stimuler les économies locales. Ils représentent 16.6 % des exportations locales et continuent de se développer.
Le nombre très important de devises disponibles sur le territoire favorise également le développement des échanges de type Forex, qui permettent de spéculer sur les variations de cours des devises. Parmi les paires Forex les plus demandées, on compte ansi le Rand sud-africain, le Kwanza angolais, ainsi que le Franc congolais, qui s’échangent aisément contre l’Euro en France par exemple. Les décalages horaires ont créé un besoin particulier d’échanges Forex de type « turbo 24 », qui permettent de se positionner 24h/24. Pour les expatriés africains établis en dehors du continent, c’est un moyen de se positionner sur des monnaies variées sans être génés par le décalage horaire.
Dans ce contexte prometteur, la France a pourtant perdu sa situation privilégiée. Jusqu’en 2018, l’Hexagone était en effet le premier exportateur européen, avec de solides partenariats établis sur le continent africain depuis de longues années. Néanmoins, en 2017, l’Allemagne est devenue le premier fournisseur européen du continent africain. Les parts de marché de la France ont en effet été divisées par deux en un peu plus de quinze ans (2000 à 2017).
En cause, il y a une baisse globale des exportations françaises, mais cela n’est pas l’unique facteur. Les pays du BRICS, en plein essor, talonnent en effet de très près les pays occidentaux concernant les importations en Afrique. Notamment la Chine, avec son poids économique gigantesque international, a su saisir les opportunités. Elle représente maintenant 17.6 % des exportations vers le continent. Et l’Inde n’est pas en reste. Elle est également en train de devenir un partenaire majeur. Face à cela, la France est à la peine, et ne parvient pas toujours à maintenir ses anciens partenariats commerciaux avec l’Afrique.
Pour certains, la relation privilégiée de la France et de l’Afrique doit pourtant perdurer. Afin de promouvoir les partenariats, des investissements directs étrangers (IDE) ont été mis en place ces dernières années, comme le rappelle la diplomatie française. Ils ont même été multipliés par 10 entre l’année 2000 et 2017. Parmi les pays qui bénéficient de cet afflux de fonds, on compte en premier lieu l’Angola, puis le Nigeria, et l’Afrique du Sud en troisième position. Ces investissements représentent le futur. Ils portent notamment le secteur des énergies « vertes », ainsi que le domaine du numérique, qui devrait connaître un vrai boom dans les années à venir en Afrique.
Quant à savoir si cela suffira à faire regagner ses partenariats commerciaux à la France, c’est pour l’instant un mystère. En Afrique subsaharienne, l’excédent commercial avec l’Afrique était encore récemment en pleine forme. Mais l’Hexagone pourrait avoir du mal à tenir face aux échanges commerciaux avec la Chine et l’Inde.
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