La crise politique entre les partisans de Bassirou Diomaye Faye et ceux d’Ousmane Sonko continue de se manifester à travers des déclarations de plus en plus tranchées. Une récente prise de parole d’Arouna Coumba Ndoffène Diouf, responsable du parti Kiiraay et ancien ministre conseiller sous Macky Sall, a provoqué une réaction du député Cheikh Bara Ndiaye. Ce dernier appelle les autorités religieuses ainsi que l’opinion publique nationale et internationale à prendre la mesure de propos qu’il juge particulièrement graves.
À l’origine de cette controverse, une déclaration attribuée à Arouna Ndoffène Diouf lors d’un point de presse de Kiiraay, formation politique qui soutient le président Bassirou Diomaye Faye. « Il faut une solution sur Ousmane Sonko, on doit l’arrêter », aurait-il affirmé, selon les informations rapportées par la presse sénégalaise.
Cette sortie intervient dans un climat de fortes tensions politiques, marqué par les divergences entre les deux figures centrales de l’exécutif sénégalais et par les débats autour de la gestion du pays. Elle s’inscrit également dans la continuité des prises de position publiques d’Arouna Ndoffène Diouf, qui avait déjà réclamé le départ d’Ousmane Sonko de la Primature et exprimé, en août dernier, son soutien à Bassirou Diomaye Faye.
La réaction du député Cheikh Bara Ndiaye n’a pas tardé. Face à cette déclaration qu’il considère comme une menace politique préoccupante, le parlementaire a choisi d’interpeller directement les autorités religieuses, mais aussi l’opinion nationale et internationale.
« J’alerte les autorités religieuses, l’opinion nationale et internationale sur ces propos d’une extrême gravité, tenus à l’encontre d’Ousmane Sonko », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés.
Pour l’élu, les divergences politiques ne sauraient justifier des appels à l’arrestation d’un responsable politique. Il estime que la compétition démocratique doit rester encadrée par les principes de l’État de droit et que les différends entre acteurs publics doivent être réglés par les voies institutionnelles.
Cheikh Bara Ndiaye considère notamment que les désaccords avec Ousmane Sonko, quelle que soit leur intensité, ne peuvent constituer à eux seuls un motif légitime d’arrestation. Sa démarche vise ainsi à mobiliser les autorités morales et religieuses face à une situation qu’il juge susceptible d’aggraver les tensions politiques.
Au-delà de la polémique provoquée par cette déclaration, l’épisode illustre les divisions qui traversent désormais le paysage politique sénégalais. D’un côté, les responsables qui soutiennent Bassirou Diomaye Faye défendent leurs orientations et critiquent la ligne politique d’Ousmane Sonko. De l’autre, les partisans du leader de Pastef dénoncent ce qu’ils perçoivent comme des attaques répétées contre leur figure de référence.
Les prises de position antérieures d’Arouna Ndoffène Diouf témoignent de cette opposition politique. Dans un entretien publié par Seneweb en août 2026, l’ancien ministre avait déjà estimé qu’Ousmane Sonko devait se retirer de la vie politique, en développant une argumentation critique à son encontre.
La controverse actuelle prend une dimension supplémentaire parce qu’elle intervient dans un contexte où les désaccords politiques se mêlent aux débats sur les orientations économiques et institutionnelles du pays. Les tensions autour de la loi de finances rectificative de 2026 ont notamment contribué à accentuer les divergences entre les acteurs politiques.
Reste une question essentielle : jusqu’où les responsables politiques peuvent-ils aller dans leurs déclarations sans fragiliser davantage le débat démocratique ? La liberté d’expression autorise la critique, la contestation et même les oppositions les plus fermes. Elle ne dispense toutefois aucun acteur public de préciser le sens de ses propos et d’assumer la responsabilité de ses déclarations.
À ce stade, la formule attribuée à Arouna Ndoffène Diouf doit être replacée dans son contexte exact. Elle ne permet pas, à elle seule, de conclure à l’existence d’un projet concret d’arrestation ni d’établir une quelconque intention illégale. De son côté, Cheikh Bara Ndiaye a clairement exprimé son inquiétude et appelé les autorités religieuses à intervenir dans le débat public.
Dans un Sénégal confronté à des divergences politiques de plus en plus visibles, les prochains développements dépendront notamment des réponses des protagonistes et de leur capacité à maintenir la confrontation dans le cadre du débat démocratique.
Sunuker News Desk
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