Lorsque son prédécesseur Maad Mbacké Ndeb Njaay meurt, il ne laisse aucun héritier direct au trône (buumi). Comme Kumba Ndofeen fa Ndeb est alors le Cilaas, c’est-à-dire le deuxième sur la liste de succession, c’est lui qui est nommé roi du Sine . Il appartient à la maison royale de Bouré Gnilane Diouf.
La succession de Maad Kumba Ndofeen fa Ndeb fut mal accueillie par l’administration française au Sénégal, en particulier par l’administrateur Hippolyte Alsace. Le Conseil des nobles qui était chargé d’élire les rois de la famille royale fut informé par Alsace qu’il n’entraînera pas leur choix. Le noble Conseil objecta qu’il avait fait leur choix et que le peuple du Sine avait désigné Maad Kumba Ndofeen Juuf comme roi. Cette réponse mécontente l’administration française.
Le Sine fut découpé en cantons, on nomma Maad Kumba Ndofeen Juuf chef supérieur de l’Est de Sine et son rival Coumba Djimbit chef supérieur de l’Ouest du Sine . L’ingérence de l’administration française au Sine et sa tentative de diviser le Sine en cantons étaient vouées à l’échec.
Alors qu’en théorie Maad Kumba Ndofeen fa Ndeb n’était un simple chef, en pratique il était le roi du Sine. Les Sérères du Sine l’avaient élu et ils étaient réticents à l’idée de se soumettre aux ordres de n’importe qui d’autre. Les failles de ce système apparurent clairement lorsque la population sérère du Sine-Ouest refusa de payer ses impôts. Quand l’administrateur Victor Valantin se rendit au Sine-Ouest en mars 1899 afin de forcer la population à payer ses impôts, les Sérères du Sine-Ouest cachèrent leurs enfants, leurs femmes et leurs animaux, et prirent les armes. Valantin et ses accompagnateurs furent contraints à une retraite précipitée. Les relations entre l’administration française et la noblesse sérère du Sine se détériorèrent encore davantage quand l’administrateur Charles Lefilliâtre écrivit au prince Léopold Diouf, secrétaire privé du roi, lui disant qu’« il n’y avait plus de roi », puis à Maad Kumba Ndofeen fa Ndeb en le traitant de « simple chef et rien de plus ».
Lefilliâtre se rétracta plus tard et devint le principal soutien de Maad Kumba Ndofeen fa Ndeb au sein de l’administration français .En 1901 Maad Kumba Ndofeen fa Ndeb réussit à empêcher la création d’une mission chrétienne à Diohine et à maintenir l’Église hors du Sine.
Plusieurs orateurs chargèrent Cheikh Ahmadou Bamba en soutenant qu’il projetait de conduire la guerre sainte ou jihad contre le colonisateur. L’influence grandissante de Cheikh Ahmadou Bamba ébranlait l’autorité coloniale et faisait vaciller les pouvoirs des chefs traditionnels. Quand le fils de Lat Dior, (roi du Cayor et du Baol), mécontent, essaye d’incriminer Ahmadou Bamba ( Fondateur du mouridisme) en l’accusant de boulochage armes(pas clair) en vue de lancer une guerre contre l’administration française, les Français intentent un procès à Ahmadou Bamba.
Coumba Ndoffene DIOUF, du haut de sa superbe statue, prit la parole pour affirmer, qu’en vérité, Ahmadou Bamba Mbacke n’était intéressé que par l’observance de sa religion .Bien que Maad Coumba Ndoffène Fa ndeb soit un adepte de la religion sérère et non un musulman, il est le seul à prendre la défense d’Ahmadou Bamba.II mettait ainsi en jeu, non seulement son manteau, c’est-à dire, son propre pouvoir mais aussi et surtout, l’honneur du peuple sereer et, qui sait, sa propre vie. Il demande à l’administration française de le libérer, les accusations proférées contre lui n’étant que des mensonges. Ahmadou Bamba est relâché et toutes les fausses accusations portées contre lui sont retirées.
C’est alors que le Gouverneur du Sénégal décida d’envoyer une colonne de spahis à Darou Marnane pour vérifier la sincérité du témoignage de Maad a Sinig . Les archives nous apprennent aussi qu’une cavalerie composée de soixante treize Salma koor , s’était également rendue à Touba afin que la demeure du Cheikh Ahmadou Bamba soit bien surveillée, pour mettre hors d’état de nuire tous les comploteurs tapis dans l’ombre, qui pourraient, pour des raisons bien connues, y introduire des armes.
Voici une liste de Certains des Salma koor du Sine qui avaient securisés la maison de Serigne Touba lors du temoignage de Maad coumba ndofen fa Ndeb à Ndar
1-Laat Souck Gnilane Diouf2-Diogo Sabane Faye3-Djaraf Mbade Ngom4-Ndiañaw Ndour5-Bouca Massene Sene6-Boure Ngom7-Diene Niane8-Sarra Niane9-Sara Senghor10-Wagane Siga Ndiaye11-Maang Sene 12-Mbar Faye13-Nguene Niang14-Wanar Toure15-Diogoye Toure16-Coumba Amadjiguene Diouf17-Diogo Mbodji Ndiaye18-Soucka Ndiossmone Diouf19-Woula Ndiaye20-Seme Gnilane Ndeb Diouf21-Gnokhobaye Ndane Diouf22-Niokor Gnilane Diouf23-Diene Mbodji Faye24-Boucaro Ndiaye Daba Diouf25-Balle Ndiaye26-Wandaxté Bakhoum27-Laat Souck Faye 28-Sedar Ndiaye29-Birame Mbarou Diouf30-Amade Samb31-Waly Gningue32-Maafa Gueye33-Mbagnick Thiam34-Mbagne Selbe Ndiaye35-Samba Ndiande Faye36-Niokho Moussa Faye37-Mbar Fandep Faye38-Walthioro NdiayeCette liste n’est pas exhaustive.
PS: le roi Kumba Ndoffene Diouf ne s’est jamais converti à l’islam.Il n’a jamais fait allégeance à Cheikh Ahmadou Bamba MBACKE.Il a juste témoigné en sa faveur .Il est né , grandi et mort dans la spiritualité sereer.
Sobel Dione
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