Aux Gonaïves, dans le nord, « les barricades enflammées et les tessons de bouteilles donnent à la cité l’aspect d’une ville assiégée par la guerre », juge le Nouvelliste. « L’ancien chef rebelle des mouvements de 2004 contre l’ancien président Jean Bertrand Aristide, Wilfort Ferdinand dit Ti Will, était à la tête de la manifestation », relève Gazette Haïti. Il parle d’un mouvement « pacifique », mais menace : si le Premier ministre Ariel Henri « refuse de partir, le grand Nord sera coupé du reste du pays et nous le ferons militairement en faisant appel à tous les anciens soldats de 2004 ».
Toujours dans le Nord, à Cap Haïtien, les manifestants ont marché à l’initiative du parti Pitit Desalin, dont le chef a lui aussi demandé le départ du Premier ministre. « À la fin de cette marche, des manifestants ont vandalisé le seul supermarché du genre de la ville », rapporte Le Nouvelliste. Enfin sur l’autoroute de Delmas, près de Port-au-Prince, « une foule immense a déferlé sur l’autoroute de Delmas », érigeant des barricades enflammées, raconte RezoNodwès. Plusieurs personnes auraient été blessées par des tirs de la police.
Pendant ce temps, pas un mot du côté du gouvernement. Le Nouvelliste note que « la dernière mesure ou compréhension de la situation a été donnée par le chancelier Jean-Victor Généus, pour qui globalement, »la situation est sous contrôle » ». Des propos tenus ce lundi, et toujours très critiqués lors des manifestations, qui devraient se poursuivre, car si selon Gazette Haïti les syndicalistes ont levé la grève, « ils appellent la population à manifester aujourd’hui et demain contre le gouvernement ».