Selon plusieurs médias guinéens et canadiens, l’arrestation est intervenue quelques jours après l’ouverture officielle d’une information judiciaire par le parquet général près la Cour d’appel de Conakry. Cette procédure fait suite à une plainte et à la médiatisation récente de l’affaire, notamment après une série d’enquêtes publiées par le quotidien canadien La Presse, qui ont remis ce dossier sous les projecteurs.
Le 29 juin 2007, Rachelle Wrathmall, alors âgée de 31 ans, avait été retrouvée poignardée à son domicile de Lennoxville, un arrondissement de Sherbrooke. Les investigations de la Sûreté du Québec s’étaient rapidement orientées vers son époux, Rafiou Sow, sans qu’aucune accusation ne puisse être portée à l’époque en raison de difficultés liées aux éléments de preuve et à certaines conclusions médico-légales.
Les enquêteurs avaient notamment relevé que le suspect avait quitté le Canada la veille de la découverte du corps. Des images de vidéosurveillance de l’aéroport de Montréal l’auraient montré embarquant à destination de Casablanca avant de rejoindre la Guinée. Les circonstances de ce départ avaient attiré l’attention des autorités canadiennes.
En vertu du droit guinéen, les juridictions nationales peuvent, dans certaines circonstances, poursuivre un ressortissant guinéen pour des crimes présumés commis à l’étranger. C’est sur cette base juridique que le parquet général de Conakry a décidé d’ouvrir une enquête afin de déterminer les responsabilités éventuelles de Rafiou Sow dans cette affaire.
Après son interpellation, le suspect a été placé en garde à vue à la Direction centrale des investigations judiciaires (DCIJ), où il doit être entendu par les enquêteurs dans le cadre de cette procédure.
La Sûreté du Québec a indiqué être disposée à collaborer avec les autorités guinéennes si une demande officielle est formulée par l’intermédiaire d’Interpol. Cette coopération pourrait permettre le partage des éléments recueillis depuis près de vingt ans dans le cadre de l’enquête canadienne et faciliter les investigations menées à Conakry.
Les proches de la victime ont salué cette évolution, estimant qu’il s’agit de la première avancée significative depuis la mort de Rachelle Wrathmall. Plusieurs témoins ont déjà fait savoir qu’ils étaient prêts à être entendus si la justice guinéenne le juge nécessaire.
Malgré ce rebondissement, les autorités guinéennes ont rappelé que Rafiou Sow bénéficie de la présomption d’innocence. Son interpellation constitue une étape de l’enquête et ne préjuge en rien de sa culpabilité. Seule une décision définitive des juridictions compétentes pourra établir les responsabilités dans cette affaire qui continue de susciter une vive émotion au Canada comme en Guinée.
Près de dix-neuf ans après ce drame, les familles et les proches de Rachelle Wrathmall espèrent que cette nouvelle procédure permettra enfin de faire toute la lumière sur les circonstances de sa mort et d’apporter les réponses qu’ils attendent depuis de nombreuses années.
Sunuker News Desk
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