AFRIQUE

Guinée-Bissau : Des organisations de la société civile pointent du doigt la stratégie de la médiation sénégalaise

Dans un manifeste publié le 22 octobre 2026, une quinzaine d’entités regroupées au sein du Front uni et du Réseau international de solidarité avec la Guinée-Bissau ont vivement contesté la posture de la médiation menée par le Sénégal. Mandatée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), cette initiative diplomatique est jugée trop timorée face aux dérives de la transition en cours à Bissau.

Une transition sous tension et des critiques ciblées

Les signataires du manifeste reprochent à Dakar d’adopter une approche jugée trop conciliante envers le commandement militaire et les autorités en place. Selon ces organisations, la démarche actuelle ne pèse pas suffisamment lourd pour infléchir la trajectoire politique du pays et garantir un retour rapide à un ordre constitutionnel normal.

Le texte s’attarde également sur le référendum constitutionnel controversé organisé au mois d’août. Pour le Front uni et ses partenaires, ce scrutin s’est déroulé dans un climat marqué par de lourdes restrictions des libertés publiques, en l’absence notable d’observateurs internationaux et sans la participation effective des partis politiques ou de la société civile.

Les principales revendications du Front uni

Face à ce qu’ils qualifient d’enlisement institutionnel, les collectifs signataires exigent des actions concrètes de la part de la CEDEAO et de l’État sénégalais :

  • Un dialogue inclusif et crédible : Réclamer une refonte de la médiation pour la rendre totalement impartiale, en y associant l’ensemble des forces vives, politiques et militaires de la nation.

  • La fin des restrictions politiques : Exiger la réouverture des sièges de partis politiques, la levée des entraves pesant sur les médias et la société civile, ainsi que le respect des libertés fondamentales.

  • La libération des détenus politiques : Demander l’élargissement immédiat et sans conditions des personnes incarcérées en marge des contestations, conformément aux principes de l’État de droit.

Vers une mobilisation internationale

Les organisations ne comptent pas s’arrêter à ce manifeste. Elles appellent à une grande mobilisation internationale le 24 octobre 2026 afin d’interpeller directement les chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO. Elles avertissent par ailleurs que des sanctions individuelles ciblées devraient frapper les principaux acteurs et responsables du blocage politique si la situation institutionnelle venait à stagner durablement.

La Rédaction

Ely Birahim KA

Recent Posts

Dakar : l’influenceur Keylor placé sous mandat de dépôt, procès prévu mercredi

Dakar : l’influenceur Keylor placé sous mandat de dépôt, procès prévu mercredi Sunuker.net – L’influenceur…

3 minutes ago

LFR 2026 : Pastef bloque le projet en commission, le bras de fer budgétaire se poursuit

LFR 2026 : Pastef bloque le projet en commission, le bras de fer budgétaire se…

1 heure ago

FILIÈRE MIL À FATICK : Vers une certification agroécologique pour bâtir la souveraineté alimentaire

Le département de Fatick franchit un cap décisif dans la valorisation de ses ressources locales…

4 heures ago

Élections locales au Sénégal : Makhtar Cissé évoque fin 2027, mais le calendrier reste incertain

Élections locales au Sénégal : Makhtar Cissé évoque fin 2027, mais le calendrier reste incertain…

4 heures ago

Pr Khadiyatoulah Fall : Macky Sall : Ce qu’une candidature révèle, ce qu’une expérience peut encore apporter

Pr Khadiyatoulah Fall : Macky Sall : Ce qu’une candidature révèle, ce qu’une expérience peut…

5 heures ago