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Grève du SAES, cessation d’activités pédagogiques dans les universités… : la grogne dans le Supérieur après la mort de Alpha Yoro Tounkara

Le système universitaire va connaitre des perturbations en ce début de semaine. Pour cause, le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur et les étudiants de presque toutes les universités publiques du Sénégal ont décrété des mots d’ordre de grève. Ce, suite à la mort de l’étudiant Alpha Yoro Tounkara à l’université Gaston Berger de Saint-Louis lors des manifestations contre le report de la présidentielle.

Le décès de l’étudiant Alpha Yoro Tounkara à l’université Gaston Berger de Saint-Louis lors de manifestations contre le report de l’élection présidentielle suscite une vague d’indignation chez ses camarades étudiants et les enseignants. Ces derniers ont ainsi décrété des mots d’ordre de grève et de cessations de toutes les activités pédagogiques, en signe de protestation.

Le Bureau national du Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (Saes) a, en effet, décrété un mot d’ordre de grève de 48h, le lundi 12 et le mardi 13 février 2024. « La mort de l’étudiant Alpha Yoro Tounkara est de trop. Elle constitue le troisième cas en moins d’une décennie, après celle de Bassirou Faye en 2014 et de Mouhamadou Fallou Sène en 2018. La longue liste d’étudiants victimes des violentes répressions policières à l’intérieur des universités sénégalaises rend compte, entre autres, de deux préoccupations majeures : Depuis 2001, année de la mort de Balla Gaye, les franchises universitaires sont constamment violées ; la mort d’un étudiant est devenue banale aux yeux des autorités politiques en ce sens qu’aucune des morts précédentes  n’a été, pour le moment, élucidée », regrette le Saes dans un communiqué rendu public. C’est pourquoi « il condamne avec la dernière énergie cette violence banalisée et récurrente envers les étudiants et tous les citoyens  et tient pour responsable de toutes ces victimes  l’Etat du Sénégal, qui depuis les évènements de mars 2021, viole de façon flagrante les droits et libertés fondamentales de nos concitoyens ». Le Saes exige ainsi « toute la lumière sur la mort de l’étudiant Alpha Yoro Tounkara et celle des autres victimes et la cessation immédiate de l’usage disproportionné de la force contre nos compatriotes ».

Avant de décréter des « journées sans tickets » illimitées, la Coordination des étudiants de Saint-Louis (Cesl) a également décidé d’une cessation de toutes activités pédagogiques jusqu’à nouvel ordre. Dans une note rendue publique, la Cesl se dit « meurtrie par le décès du camarade Alpha Yoro Tounkara suites aux récentes manifestations entre les forces de l’ordre et des étudiants dans l’enceinte de ladite université ». Non sans rappeler le décès de l’étudiant Mouhamadou Fallou Sène sous les « mêmes conditions sans que justice ne soit faite ».

Du côté de Thiès, les étudiants ont aussi exprimé leur indignation et dénoncé la mort de l’étudiant Tounkara. Sur ce, la Conférence des amicales d’étudiants de l’université Iba Der Thiam de Thiès a décrété 72 heures de cessation de toutes les activités pédagogiques à partir de samedi 10 février 2024 à 8h. Pour leur part, les étudiants de l’université Alioune Diop de Bambey ont déclaré avoir entamé une grève de 72 heures à partir de samedi dernier, en signe de protestation contre la mort d’un de leurs camarades de l’UGB. Quant à la Coordination des étudiants de l’université Assane Seck de Ziguinchor, elle a condamné un « acte ignoble » et déclaré une « journée morte de 24 heures » samedi dernier.

Même son de cloche à l’université du Sine Saloum El Hadj Ibrahima Niasse. La Coordination des amicales des étudiants de l’Ussein a décrété la cessation des activités pédagogiques le samedi 10 et le lundi 12 février 2024. La Fédération nationale des étudiants de l’université numérique Cheikh Hamidou Kane se joint aussi au concert d’indignation suite à la mort d’Alpha Yoro Tounkara. Dans un communiqué daté du 10 février 2024, elle lance un « appel à la solidarité de tous les étudiants et au boycott de la plateforme d’apprentissage pour une durée de 48 heures ».

MARIAME DJIGO

James Dillinger

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