Originaire de Cannes dans le sud de la France, passé par l’ENA, François Léotard fut à la fois maire de Fréjus de 1977 jusqu’à 1997, conseiller régional, député du Var, et deux fois ministres. C’est dire si l’action politique fut au cœur de la vie de cet homme, souvent brocardé par son frère Philippe, comédien, qui s’autoproclamait « ministre de la défonce » alors qu’il était au gouvernement.
Dans les années 1985-1990, il fut l’un des quadragénaires en vue de la droite française avec Alain Madelin et Gérard Longuet, entrés également à l’Assemblée nationale en 1978. Ces jeunes loups de la politique, chouchous des médias, affichaient un libéralisme décomplexé, s’inspirant de l’arrivée au pouvoir aux États-Unis de Ronald Reagan.
Ministre de la Culture dans le gouvernement de Jacques Chirac, sous la présidence de François Mitterrand, de 1986 à 1988, il renonce à l’idée d’être candidat à l’élection présidentielle. En 1993, il devient ministre de la Défense dans le gouvernement d’Édouard Balladur, ce qui le place en première ligne dans l’opération « Turquoise », intervention très critiquée des troupes françaises au Rwanda, sous mandat de l’ONU.
En 2001, il quitte la vie politique, dégoûté de son aspect « prostitutionnel » fait de flatteries et de mensonges. La suite de sa vie sera marquée par les affaires. Condamné en 2004 à dix mois de prison avec sursis pour blanchiment et financement illicite d’un parti, à deux ans de prison avec sursis et 100 000 euros d’amende dans l’un des volets de l’affaire Karachi en 2021, un dossier complexe qui avait établi l’existence de rétrocommissions sur des contrats d’armement avec l’Arabie saoudite et le Pakistan destinées à financer en partie la campagne présidentielle d’Édouard Balladur en 1995.