Le débat autour de l’utilisation des fonds politiques du chef de l’État pour accompagner les familles religieuses continue de susciter des réactions. Après les déclarations du journaliste Souleymane Jules Diop, c’est au tour de Serigne Cheikh Abdou Lahad Gaïndé Fatma Mbacké, président de la commission culture et communication du comité d’organisation du Grand Magal de Touba, d’apporter des éclaircissements.
Dans une récente publication, Souleymane Jules Diop avait affirmé que plusieurs milliards de francs CFA issus des fonds politiques présidentiels seraient consacrés chaque année au soutien des familles religieuses lors de leurs différentes manifestations. Il évoquait notamment un montant dépassant les six milliards de FCFA, présenté comme une part importante de cette enveloppe.
Réagissant à ces propos, Serigne Cheikh Abdou Lahad Gaïndé Fatma Mbacké a choisi de rappeler certains principes, tout en appelant à la retenue dans les débats publics. Il a indiqué ne pas vouloir alimenter une polémique apparue au lendemain du Grand Magal de Touba, estimant que la journée concernée devait conserver son caractère particulier.
Toutefois, le responsable mouride a tenu à apporter des précisions, invitant les uns et les autres à « savoir raison garder ». Selon lui, les affirmations avancées nécessitent d’être replacées dans leur contexte et examinées avec davantage de prudence.
S’interrogeant sur les familles religieuses auxquelles faisaient référence ces déclarations, Serigne Cheikh Abdou Lahad Gaïndé Fatma Mbacké a estimé que celles-ci ne pouvaient pas concerner les familles religieuses sénégalaises. Il a qualifié cette idée de non conforme à la réalité, rappelant l’histoire et l’autonomie financière de certaines grandes réalisations religieuses au Sénégal.
Pour illustrer son propos, il a évoqué l’exemple de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme, qui avait fait construire la mosquée de Diourbel, inaugurée en 1925, sans financement provenant de l’administration coloniale. Il a également rappelé que la communauté mouride a, par la suite, contribué à la réalisation de plusieurs grands projets religieux et communautaires.
Le président de la commission culture et communication du comité d’organisation du Magal a notamment cité la construction de la grande mosquée Massalikoul Jinaan à Dakar, un projet financé par les contributions des fidèles mourides et dont le coût a dépassé les 20 milliards de FCFA. Selon lui, cette réalisation témoigne de la capacité de mobilisation autonome de la communauté autour de ses projets religieux.
Il a également mentionné les initiatives actuelles du khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, notamment la construction d’une université dont le coût annoncé s’élève à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA, ainsi que d’autres infrastructures réalisées grâce aux contributions des disciples.
À travers cette sortie, Serigne Cheikh Abdou Lahad Gaïndé Fatma Mbacké entend rappeler le rôle historique de la mobilisation communautaire dans le financement des projets religieux, tout en appelant à éviter les amalgames sur les relations entre l’État et les familles religieuses.
La question de la transparence dans la gestion des fonds publics, notamment des fonds spéciaux, reste néanmoins un sujet régulièrement débattu au Sénégal, où les acteurs politiques et la société civile plaident pour un meilleur encadrement juridique de ces ressources.
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